Mali: nouveau gouvernement

  • 16 décembre 2012
Le nouveau gouvernement pourra-t-il garder les militaires hors du champ politique?
Image caption Le nouveau gouvernement pourra-t-il garder les militaires hors du champ politique?

Le nouveau Premier ministre malien Diango Cissoko, a formé son gouvernement dont la composition a été rendue publique samedi dans un communiqué lu à la télévision nationale.

Le ministre de l'Economie, Tiénan Coulibaly, le ministre de la Défense, le colonel Yamoussa Camara, et le ministre des Affaires étrangères, Tiéman Coulibaly sont maintenus à leurs postes.

L'ex-junte militaire, dirigée par le capitaine Amadou Haya Sanogo, reste bien représentée dans ce gouvernement. Elle garde des portefeuilles clés dont ceux de la défense et de la Sécurité intérieure.

Les originaires du Nord qui se plaignaient de n'avoir pas été suffisamment représentés dans le précédent gouvernement se voient attribués trois ministères supplémentaires.

Par contre, les femmes sont moins représentées dans cette équipe gouvernementale. Elles ne sont plus que trois et perdent donc un poste.

Les principaux regroupements politiques sont également représentés dans ce gouvernement qui se fixe comme objectif principal la reconquête du nord, sous le contrôle de différents groupes armés depuis huit mois.

Django Cissoko a été nommé mardi par le président Traoré après la démission forcée de Cheick Modibo Diarra qui n'était plus en bons termes avec le capitaine Sanogo.

La communauté internationale qui s'était indigné de la manière dont les militaires ont forcé Cheikh Modibo Diarra à partir, avaient exhorté son successeur à former rapidement une nouvelle équipe qui se mettrait immédiatement au travail.

La tache de celle-ci s'avère toutefois difficile puisqu'elle devra convaincre les plus sceptiques qu'une intervention militaire pour récupérer le nord est toujours possible malgré les ingérences des hommes de Kati dans le processus politique à Bamako.

Elle devra aussi rapidement édifier l'opinion nationale et internationale sur un calendrier qui permettrait l'organisation d'élections que beaucoup considèrent même comme un préalable à une éventuelle offensive militaire contre les groupes armés qui refuseraient le dialogue avec Bamako. Pendant ce temps, on est toujours dans l'attente d'une résolution du conseil de sécurité qui autoriserait le déploiement de troupes étrangères au Mali.