Egypte: 2e vote sur la constitution

  • 22 décembre 2012
Image caption Une femme votant avec son enfant lors du referendum sur la constitution.

Dix-sept governorats sont concernés lors de cette seconde phase du referendum sur la constitution, deux ans après la révolte populaire qui a entraîné le renversement du régime d'Hosni Moubarak.

Ces circonscriptions sont principalement des régions rurales, censées être plus conservatrices et donc plus favorabes au texte qui a le soutien des Frères musulmans, dont est issu Mohamed Morsi, le président.

Environ 250 000 membres des forces de sécurité (armée et police) sont mobilisés pour garantir le bon déroulement des opérations électorales.

La première phase de la consultation populaire s'est déroulée le 15 décembre dans neuf governorats.

La participation aurait légèrement dépassé les 30 pc.

Selon des résultats non officiels, le "oui" l'aurait emporté avec 56 pc des voix.

L'ensemble des résultats n'est pas attendu avant lundi pour donner le temps d'examiner d'éventuels recours.

Si le projet de constitution est approuvé, de nouvelles élections parlementaires seront organisées dans un délai de trois mois.

Les islamistes prétendent que le projet de constitution garantira les acquis de la révolution et restaurera la stabilité dans le pays.

Cependant laïcs et libéraux estiment que le texte présenté ne garantit pas les droits de la femme et des minorités et comporte de graves lacunes en ce qui concerne la protection des libertés, notamment la liberté d'expression.

Partisans et adversaires du projet de loi fondamentale se sont encore affrontés vendredi à Alexandrie, la deuxième ville du pays, faisant plusieurs dizaines de blessés.

Les bureaux de vote fermeront à 19H00 (17H00 T.U) pour les 25 millions d'électeurs appelées aux urnes.

Un pays profondément divisé

La division du pays en deux zones de vote successives avait été décidée pour faire face au boycott de nombreux magistrats chargés de superviser le scrutin, en conflit avec le président islamiste Mohamed Morsi qu'ils accusent de porter atteinte à l'indépendance de la justice.

L'opposition a dénoncé de nombreuses "fraudes et irrégularités" pendant la première phase du vote. Une responsable d'ONG a même parlé d'élections "à la Moubarak".

Selon des observateurs, l'adoption de la nouvelle Constitution ne devrait pas mettre fin à la crise et l'instabilité pourrait se prolonger, les divisions étant profondes entre les deux camps sur leur vision de la société égyptienne de l'après-Moubarak.

Mohamed ElBaradei, ancien directeur de l'Agence internationale de l'énergie atomique, qui est le chef du Front national du salut (FSN), principale coalition de l'opposition, a estimé que "le pays est au bord de la faillite", dans un message vidéo posté sur internet.

Les incertitudes politiques ont déjà provoqué l'ajournement d'une demande de prêt de 4,8 milliards de dollars auprès du Fonds monétaire international (FMI), et conduit M. Morsi à geler des hausses de taxes qui auraient pesé sur le climat social.