Egypte: le referendum contesté

  • 23 décembre 2012

Lors d'une conférence de presse dimanche au Caire le Front du salut national, qui regroupe les principales organisations non-islamistes, a dénoncé des "fraudes et des infractions au code électoral", lors du referendum constitutionnel organisé en deux phases les 15 et 22 décembre.

Le FSN a l'intention de déposer des recours auprès de la commission électorale qui devrait publier les résultats officiels lundi.

"Nous continuerons à combattre pacifiquement cette constitution que nous jugeons illégale", a déclaré Amr Hamzawy, l'un des membres du FSN, qui souligne aussi la faible participation aux scrutins.

Selon des résultats officieux basés sur des chiffres fournis par des responsables de bureaux de vote, près des deux tiers des électeurs égyptiens (64%) ont approuvé le projet de constitution.

Selon les islamistes le taux de participation est de 32%. Selon le correspondant de la BBC au Caire, de nombreux Egyptiens en ont assez de l'agitation politique et auraient préféré rester chez eux le jour du vote.

"Le peuple égyptien continue sa marche vers la finalisation de la construction d'un Etat démocratique moderne et a tourné la page de l'oppression", s'est félicité dans un communiqué le Parti de la Liberté et de la Justice, la branche politique des Frères musulmans.

Aux Etats-Unis premier bailleur du pays, Lleana Ros-Lehtinen, du parti républicain, a qualifé le vote de "défaite pour le peuple égyptien".

Des élections doivent être organisées dans les deux mois suivant l'adoption de la constitution.

Une fois la Loi fondamental ratifié, le Sénat où les islamistes sont majoritaires, récupèrera le pouvoir législatif jusqu'à l'élection d'une nouvelle assemblée.

L'ancienne où les islamistes étaient aussi majoritaires avait été dissoute en juin par la Cour constitutionnelle.

Samedi le président Mohamed Morsi a nommé 90 nouveaux sénateurs dont huit femmes et douze chrétiens pour favoriser "le dialogue national", selon son porte-parole.

Le vice-président Mahmoud Mekki a annoncé hier sa démission. Il a affirmé qu'il souhaitait quitter son poste depuis le mois dernier, mais qu'il avait reporté sa décision à cause de la crise que traverse le pays.