Ghana: le NPP conteste l'élection

Le candidat du NPP à la présidentielle Nana Akufo-Addo
Image caption Le candidat du NPP à la présidentielle Nana Akufo-Addo après le dépôt recours auprès de la Cour suprême lors d'une conférence de presse.

Le principal parti d'opposition a déposé vendredi un recours auprès de la Cour suprême pour contester les résultats de l'élection présidentielle du 7 décembre remportée par le président sortant John Draman Mahama, alléguant des fraudes.

Selon le candidat de l'opposition, Nana Akufo-Addo, du Nouveau parti patriotique (NPP), qui s'est adressé aux journalistes juste après le dépôt de la plainte, les irrégularités relevées sont trop énormes pour être ignorées.

"L'étendue de ce que nous avons découvert a surpris même les plus sceptiques d'entre nous", a déclaré M. Akufo-Addo.

Admettant qu'il puisse avoir des erreurs sur 11 millions d'électeurs, le leader de l'opposition s'étonne que les erreurs arithmétiques jouent toujours en faveur du candidat du NDC (Congrès démocratique national) John Dramani Mahama.

Le Nouveau Parti Patriotique a épluché les listes et les résultats dans les 26 000 bureaux de vote.

Les résultats officiels du scrutin du 7 décembre ont attribué 47,7% des voix contre 50,7% à M. Mahama.

Les irrégularités présentées par le NPP portent sur 1,3 million de voix --ce qui serait suffisant pour faire pencher la balance en faveur de son leader Nana Akufo-Addo.

"Même les plus sceptiques au sein du parti ont été très surpris", a-t-il affirmé, toujours au cours de la conférence de presse.

En 2008, M. Akufo-Addo avait reconnu sa défaite à la présidentielle, bien que l'écart des voix n'eut été que de 1 pc.

Des observateurs extérieurs se sont accordés pour dire que le scrutin du 7 décembre s'était déroulé dans le calme et avait été transparent.

Et une coalition d'observateurs locaux avait considéré les résultats officiels comme justes et fidèles à son propre décompte.

Le dépôt de la plainte du NPP ne devrait pas affecter la cérémonie de prestation de serment de John Dramani Mahama.

Le Ghana est souvent présenté comme un exemple de stabilité au coeur d'une région troublée par des conflits et coups d'Etat et c'était les sixièmes élections depuis l'instauration du multipartisme en 1992.

Ancien vice-président, John Dramani Mahama, 54 ans, assurait l'intérim depuis la mort subite du président en exercice John Atta Mills en juillet, en fin de mandat.