Bozizé promet un gouvernement d'union

  • 30 décembre 2012
Un convoi militaire sur la route de Sebut qui a été prise par les rebeles le 29 décembre
Image caption Un convoi militaire en direction de Sebut qui a été prise par les rebelles le 29 décembre.

Le président de la Centrafrique François Bozizé a promis un gouvernement d'union nationale après le dialogue avec la rébellion du Séléka à Libreville, et a affirmé qu'il ne se représenterait pas à l'échéance de son mandat en 2016, à l'issue d'entretiens avec le président en exercice de l'Union africaine, Boni Yayi à Bangui.

"Je suis prêt à former un gouvernement d'union nationale avec le Séléka (l'alliance des groupes rebelles) pour gouverner le pays ensemble, parce que je suis un démocrate", a déclaré le président Bozizé lors d'une conférence de presse après sa rencontre avec le président Boni Yayi.

François Bozizé "est prêt à se rendre à Libreville ce jour même" si ses pairs le lui demandent, et s'est dit prêt au dialogue sans conditions avec la rébellion, "qui doit conduire à un gouvernement d'union nationale", a affirmé le président béninois qui est reparti de Bangui.

Par ailleurs le président François Bozizé a demandé, toujours lors de la conférence de presse à rencontrer le président français François Hollande "pour débattre des questions profondes qui intéressent la République centrafricaine".

"Je profite de l'occasion pour adresser au président Hollande ma disponibilité pour le rencontrer, si son programme le permets", a déclaré François Bozizé.

Le 27 décembre, le président avait demandé "à nos cousins" (la France et les Etats-unis) "de nous aider".

Le même jour le président Hollande avait souligné que la présence militaire française à Bangui n'était pas destinée à protéger "un régime", mais les resssortissants et intérêts français.

Trois semaines après s'être soulevés contre le régime, les groupes rebelles ne sont plus qu'à 150 km de Bangui et contrôlent une dizaine de villes importantes du pays, riche en ressources minières (diamants, uranium, or, pétrole).

Les rebelles outre qu'ils se plaignent du non-respect d'accords de paix, demandent conjointement avec les partis politiques d'opposition une remise à plat du "dialogue inclusif", actuellement en panne.

L'ancien premier ministre Martin Ziguélé, en poste sous la présidence de Patassé quand le général Bozizé s'était emparé du pouvoir en 2003, a estimé qu'"il n'y a pas de solution militaire".

Il accuse le président d'être responsable de l'émergence des rebelles.

"Quand vous fermez les portes à l'expression des différences ce sont les extrêmes qui s'expriment", a remarqué M. Ziguélé.

Il a précisé que l'opposition participerait aux négociations de Libreville si elles ont lieu.