Mali: les 3 secteurs du nord

Image caption Des combattants d'Ansar Dine à Kidal en août 2012.

Trois villes principales du nord du Mali, vaste région en majorité désertique - où l'armée française a commencé des frappes dimanche contre des bases jihadistes - étaient depuis fin juin sous le contrôle de trois groupes armés jihadistes qui prônent une application rigoriste de la charia (loi islamique). Kidal, Gao et la ville historique de Tombouctou sont aux mains de Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), Ansar Dine et le Mouvement pour l'unicité et le jihad en Afrique de l'Ouest (Mujao), qui avaient supplanté les rebelles indépendantistes touareg.

KIDAL

Kidal se situe dans l'extrême nord-est du Mali, à plus de 1.500 km de Bamako. Ce fut la première ville conquise par les rebelles touareg et les groupes islamistes en mars 2012.

Les rebelles touareg du Mouvement national de libération de l'Azawad (MNLA) - qui réclament aujourd'hui l'autodétermination - avaient ensuite été évincés de la région par leurs anciens alliés.

C'est le fief d'Ansar Dine, un groupe apparu au grand jour en 2012 que dirige Iyad Ag Ghaly, ex-militaire et ex-figure des rébellions touareg des années 1990 au Mali.

Dimanche, les frappes aériennes françaises ont visé une base importante d'Ansar Dine à Aghabo, à 50 km de Kidal, où se trouvent notamment des dépôts de munitions et de carburant.

GAO

Image caption Des membres du Mujao à Gao en juillet 2012.

Gao se trouve à 1.200 km au nord-est de Bamako et à 350 km au sud de Kidal. Le Mujao, appuyé par Aqmi, s'est rendu totalement maître de Gao en évinçant le MNLA fin juin à l'issue de violents combats.

Quatre avions de combat français Rafale ont bombardé dimanche plusieurs bases islamistes, dans Gao et ses environs, visant "des camps d'entraînement, des infrastructures et des dépôts logistiques constituant les bases arrière des groupes terroristes", selon Paris.

Plus de 60 jihadistes ont été tués dans cette région dans ces raids aériens, selon des habitants et une source régionale de sécurité.

Un responsable local du Mujao, Abou Dardar, a refusé de donner un bilan, se contentant d'affirmer que "tous les moudjahidine qui sont morts sont allés au paradis".

Il a menacé la France de représailles: "La France a attaqué l'islam. Nous allons frapper le coeur de la France. Au nom d'Allah, nous allons frapper le coeur de la France. Partout. A Bamako, en Afrique et en Europe".

TOMBOUCTOU

Image caption Une mosquée à Tombouctou.

Tombouctou, à 900 km au nord-est de Bamako et à 400 km à l'ouest de Gao est un ville-phare de la culture musulmane en Afrique, classée au patrimoine mondial de l'humanité.

C'est un bastion d'Aqmi.

Issue de l'ex-Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC) algérien, Aqmi a fait allégeance à Al-Qaïda et dispose depuis 2007 de bases dans le Nord malien, d'où elle commet régulièrement des attaques et enlèvements d'Occidentaux dans plusieurs pays du Sahel.

Aqmi est dirigée par des Algériens, parmi lesquels Abdelhamid Abou Zeïd qui réside à Tombouctou avec Abou Yéyia Hamame, nouvel émir d'Aqmi dans le Sahara et le Sahel.

Les jihadistes y ont détruit à plusieurs reprises d'anciens mausolées de saints musulmans adulés par les populations locales, promettant d'anéantir tous ces tombeaux qu'ils considèrent comme des lieux d'"idolâtrie" contraire à l'islam, provoquant des protestations dans le monde entier.

Comme à Gao, ils y ont aussi mené ces derniers mois lapidations et amputations, terrorisant les habitants.

Tombouctou n'a pas été visée par les frappes aériennes françaises, mais dimanche, un enseignant a fait état d'un "début de panique" parmi les familles des islamistes partis au combat, assurant que "beaucoup essayent de partir dans le désert". (AFP)