En 2008 Ibni Oumar disparaissait

La veuve d'Ibni Oumar, Sadia Ibrahim (à droite) dans son appartement
Image caption La veuve d'Ibni Oumar, Sadia Ibrahim (à droite) dans son appartement avec un cousin le 15 mai 2008.

Le 3 février 2008 le dirigeant du Parti pour les libertés et le développement était arrêté à son domicile vers 19h30 à N'Djamena par des hommes en uniformes alors qu'une bataille faisait rage entre des rebelles parvenus jusqu'à la capitale et les forces fidèles au président Deby.

On ne l'a jamais revu.

Cinq ans après sa disparition on se pose toujours la question: que lui est-t-il réellement arrivé?

L'enquête est en cours. L'instruction se poursuit.

C'est la ligne officielle des autorités tchadiennes régulièrement interpellées sur le cas Ibni Oumar.

Selon les conclusions de la commission d'enquête nationale mise en place pour faire la lumière sur les violences et atteintes aux droits de l'Homme commises entre le 28 janvier et le 8 février 2008 lors de l'attaque rebelle sur N'Djamena, il a été impossible d'établir avec certitude ce qui était arrivé à Ibni Oumar Mahamat Saleh après son arrestation.

Les membres de sa formation, le Parti pour les libertés et le développement pensent que c'étaient des membres de la garde présidentielle.

Image caption Le président Sarkozy avait demandéé au président Deby d'ouvrir une enquête sur la disparition d'Ibni Oumar lors d'un voyage à N'Djamena.

Selon Ngarlegy Yorongar, un dirigeant de l'opposition, lui-même arrêté le même jour, Ibni Oumar est sans doute mort des suites des mauvais traitements en prison.

Plusieurs fois ministres sous les présidents Hissène Habré et Idriss Deby, cet universitaire était passé à l'opposition après la présidentielle de 2001 contestée par l'opposition, à laquelle il était candidat.

Il boycotta tous les scrutins qui ont suivi.

Il était secrétaire général et porte-parole de la coordination des partis politiques (21) pour la défense de la constitution.

Cinq ans plus tard plus personne ne se fait d'illusions sur le sort d'Ibni Oumar Mahamat Saleh mais, comme le souligne l'association de défense des droits de l'Homme, Amnesty International, la disparition forcée est un crime au regard du droit international, prohibé notamment par les statuts de Rome, traité ratifié par le Tchad en 2006 créant la Cour pénale internationale.

Les responsables présumés doivent être déférés devant la justice.

En France le sénateur socialiste Jean-Pierre Sueur a demande en 2011 la déclassification des documents diplomatiques francais relatifs à cet enlèvement.

La communauté mathématique, à laquelle appartenait Ibni Oumar Mahamat Saleh, lui rend hommage depuis 2009 en décernant un prix à son nom.