L'Iran ouvert à des négociations

  • 3 février 2013
Le ministre iranien des Affaires étrangères Ali Akbar Salehi
Image caption Le ministre iranien des Affaires étrangères Ali Akbar Salehi à la conférence de Munich sur la sécurité.

Les autorités iraniennes se sont déclarées ouvertes à la proposition américaine de discussions directes sur son programme nucléaire, lors de la conférence sur la sécurité à Munich en Allemagne dimanche.

Les efforts diplomatiques pour résoudre le différend au sujet du programme nucléaire iranien sont dans l'impasse depuis maintenant plusieurs années.

La République islamique affirme que le programme nucléaire mis en oeuvre est entièrement à des fins pacifiques.

Mais les Occidents soupçonnent le régime islamiste de vouloir mettre au point des armes nucléaires.

Pendant ce temps les autorités iranniennes font état régulièrement des progrès enregistrés dans leur programme nucléaire.

Le ministre iranien des Affaires étrangères Ali Akbar Salehi, a déclaré que l'offre de négociations directes par Washington, constituait un pas en avant.

Les négociations directes entre les Etats-Unis et l'Iran sur le programme nucléaire controversé de Téhéran ne sont pas une "ligne rouge" mais Washington doit d'abord prouver sa "sincérité", a expliqué dimanche le ministre iranien des Affaires étrangères, Ali Akbar Salehi.

"Il n'y a pas de ligne rouge concernant des discussions bilatérales sur des sujets particuliers, en l'occurence le dossier nucléaire", a affirmé M. Salehi à la chaîne iranienne en anglais Press TV, en marge de la Conférence sur la sécurité à Munich.

Un développement positif

"Nous considérons que c'est un pas en avant..., mais nous devrons attendre car il y a des signaux contradictoires", a expliqué M. Salehi, en référence à la politique américaine alternant sanctions économiques et propositions de dialogue.

Les Etats-Unis et l'Iran ont rompu leurs relations diplomatiques après la prise d'otages à l'ambassade américaine de Téhéran en novembre 1979, même s'ils se sont depuis consultés sur des dossiers régionaux comme l'Afghanistan et l'Irak.

De fait la décision finale sur des discussions directes avec Washington est du ressort du guide suprême, l'ayatollah Ali Khamenei.

Samedi à Munich, le vice-président américain Joe Biden avait qualifié d'offre "sérieuse" l'appel lancé à Téhéran à reprendre les négociations sur le dossier nucléaire controversé de l'Iran.

Il estime qu'il y a "du temps et de la marge pour la diplomatie, secondée par une pression économique" pour tenter de trouver une solution négociée à la crise du nucléaire iranien, à propos des discussions entre l'Iran et le groupe 5+1 (Etats-Unis, Russie, Chine, France, Grande-Bretagne et Allemagne).

Une rencontre est prévue le 25 février au Kazakhstan, a annoncé dimanche M. Salehi.

Le nouveau Secrétaire d'Etat, John Kerry, qui succède à Hillary Clinton, a déclaré qu'il donnera toute sa chance aux efforts diplomatiques pour sortir de l'impasse avec l'Iran au sujet de son programme nucléaire.

Dimanche sur la chaîne de télévision NBC, le général Martin Dempsey, qui préside la réunion des états-majors de l'armée américaine, a déclaré que les Etats-Unis avaient la capacité de stopper les efforts de l'Iran pour se doter d'armes nucléaires mais qu'il était "possible de faire pression sur l'Iran par d'autres moyens".