Débat pour la présidentielle au Kenya

  • 12 février 2013
Les huit candidats à l'élection présidentielle lors du débat télévisé
Image caption Les huit candidats à l'élection présidentielle lors du débat télévisé, une première au Kenya.

Une première au Kenya: les huit candidats à la présidentielle, dont le premier tour est prévu le 4 mars, ont débattu lundi soir en direct. Tous ont promis qu'il n'y aurait pas une répétition des violences post-électorales en 2007-2008 qui avaient causé la mort de plus de 1200 personnes et fait plusieurs centaines de milliers de déplacés.

Selon les commentateurs aucun des candidats ne s'est vraiment démarqué.

Les propos des candidats, limités par le temps, se sont souvent cantonnés à des platitudes et des déclarations d'intentions sur leur programme de gouvernement en cas de victoire.

De nombreux Kényans avaient quitté le travail plus tôt que prévu, pour rentrer chez eux ou se retrouver dans des bars pour regarder le débat, également retransmis à la radio et sur internet.

"Je serai capable de m'occuper de laver nos noms (...) en même temps que m'assurer que les affaires gouvernementales se poursuivent", a assuré Uhuru Kenyatta, ancien ministre des Finances, interrogé sur la façon dont il compte gouverner, alors que son procès et celui de son co-listier William Ruto doit s'ouvrir le 10 avril devant la Cour pénale internationale à la Haye.

MM. Kenyatta et Ruto, ainsi que deux autres Kényans, sont inculpés de crimes contre l'humanité par la CPI pour leur implication présumée dans l'organisation des tueries après le scrutin de la présidentielle de la fin 2007.

Le principal adversaire de M. Kenyatta, l'actuel Premier ministre Raïla Odinga, a remarqué que "gouverner par Skype depuis la Haye allait poser de sérieuses difficultés", en référence au service de téléphonie par internet. "Je sais que ce n'est pas pratique", a-t-il ajouté.

Les participants se sont très rarement adressés la parole, répondant essentiellement au journaliste menant le débat, marqué par aucun incident, les deux favoris, MM. Kenyatta et Odinga, échangeant même ostensiblement des amabilités.

En décembre 2007, lors du précédent scrutin, M. Kenyatta soutenait la candidature du président sortant, Mwai Kibaki, déclaré réélu face à M. Ondinga, à l'époque soutenu par M. Ruto.

L'annonce de la victoire de M. Kibaki avait déclenché une violente contestation qui avait dégénéré en affrontements ethniques, faisant plus d'un millier de morts et des centaines de milliers de déplacés.

Vendredi la Haute cour se prononcera sur la recevabilité d'un recours déposé par des organisations des droits de l'Homme, contestant les candidatures de Kenyatta et Ruto, étant donné leur inculpation par la CPI.

Paul Muite, un avocat, l'un des petits candidats, a estimé que le Président Mwaï Kibaki et le Premier ministre Raïla Odinga, rivaux lors du scrutin de 2007, devraient aussi être inculpés par la tribuna de la Haye.