Maroc: des Sahraouis condamnés

Copyright de l’image AFP Getty Images
Image caption Un membre de la famille d'un policier tué pendant les violences au camp de déplacés saharouis de Gdim Izik en novembre 2010.

Des sahraouis jugés par la cour militaire de Rabat ont été condamnés dans la nuit de samedi à dimanche à des peines allant de deux ans à la réclusion à perpétuité pour meurtres de membres des forces de l'ordre lors du démantèlement d'un camp de déplacés à Gdim Izik, fin 2010.

Parmi les 24 accusés présents, qui risquaient la peine de mort pour "constitution de bandes criminelles, violences sur des forces de l'ordre ayant entraîné la mort avec préméditation et mutilation de cadavres", huit ont été condamnés à perpétuité et quatre à 30 ans d'emprisonnement, selon l'agence MAP.

Dix autres se sont vu infliger des peines de 20 à 25 ans.

Deux ont écopé de deux ans, déjà purgés dans le cadre de leur détention préventive.

Par ailleurs, une 25e personne, jugée par contumace, a aussi été condamnée à perpétuité, toujours selon l'agence marocaine de presse.

Reporté à plusieurs reprises, le procès s'était ouvert le 1er février et était suivi par plusieurs dizaines d'observateurs internationaux, en raison de la sensibilité de la question du Sahara occidental, une ancienne colonie espagnole, jusqu'en 1975, contrôlée par le Maroc mais revendiquée par des indépendantistes.

Vendredi, le parquet général avait requis "des peines à la mesure de la gravité des faits", tandis que la défense avait plaidé l'acquittement estimant que le procès était "sans fondement juridique".

A l'aube du 8 novembre 2010, les forces de l'ordre étaient intervenues à Gdim Izik pour démanteler un campement de plusieurs milliers de sahraouis protestant contre les conditions de vie.

Il comptait alors, selon l'ONU, jusqu'à 3.000 tentes.

Cette intervention avait dégénéré en violents affrontements puis en une émeute à Laâyoune, la plus grande ville du Sahara occidental, où des administrations et commerces avaient été incendiés.

Selon le gouvernement marocain, 11 membres des forces de l'ordre avaient été tués et plusieurs dizaines d'autres blessés.

Après l'énoncé du verdict, certaines familles des membres des forces de l'ordre tués, qui réclamaient justice et rejetaient toute instrumentalisation politique, ont exprimé leur satisfaction.

Ces 15 derniers jours, des militants pour l'indépendance du Sahara occidental avaient quant à eux manifesté pour dénoncer --au même titre qu'Amnesty International-- le recours à la justice militaire, mais aussi des "actes de torture" sur les accusés.