Benin : vers des poursuites?

Le gouvernement du Benin entend poursuivre des anciens ministres.
Image caption Le gouvernement du Benin entend poursuivre des anciens ministres.

Le parlement étudie depuis quelques semaines les dossiers de certains anciens ministres en vue d’une poursuite éventuelle devant la Haute cour de justice, à la demande du gouvernement. Certains d’entre eux ont d’ailleurs vu leurs passeports confisqués par la police.

Les passeports d’au moins trois anciens ministres béninois visés par des enquêtes pour corruption ont été saisis depuis quelques jours par la police judiciaire. La décision de les empêcher de quitter le pays a été prise après que le gouvernement a initié des procédures en vue de les poursuivre pour diverses infractions présumées commises dans l’exercice de leurs fonctions.

L'ancien ministre des Affaires étrangères Rogatien Biaou par exemple, serait impliqué dans la vente d’une parcelle de terrain appartenant à l'ambassade du Bénin aux Etats-Unis.

Dans le même temps, le nom de M. Kamarou Fassassi est régulièrement cité par le gouvernement dans des affaires de corruption à la Société Béninoise d’Energie Electrique SBEE, dont il assurait la tutelle en tant que ministre des Mines et de l’Energie.

Outre ces deux anciens ministres de l’ex président mathieu Kerekou, d’autres anciens collaborateurs du président Boni Yayi sont sous le coup d’une éventuelle poursuite devant la Haute cour de justice.

François Noudegbessi, ancien ministre de l'Urbanisme, est accusé de faux dans l’affaire de la construction du nouveau siège de l'Assemblée nationale à Porto-Novo, un dossier où la gestion de 14 milliards de fcfa de fonds publics est en cause.

Il est reproché à Armand Zinzindohoué, ex ministre de l’intérieur, d'avoir délivré des certificats de port d'armes à feu à des promoteurs de ICC-Services, la société impliquée dans la plus grande escroquerie dans l'histoire du pays, l’affaire madoff a la béninoise. Des dizaines de milliers de personnes avaient perdu leur épargne dans cette affaire.

Autre ancien ministre de Boni Yayi concerné, l’ex-argentier national Soule Mana Lawani qui devra répondre du scandale financier autour du sommet de la Cen-Sad à Cotonou en 2008.

Le sort de ces 5 personnes est désormais entre les mains des députés à l’Assemblée nationale, qui décideront de l’opportunité de les traduire devant la Haute Cour de Justice.