Oscar Pistorius libéré sous caution

  • 22 février 2013
Image caption Oscar Pistorius entrant dans la salle du tribunal.

Le champion paralympique sud-africain, Oscar Pistorius, inculpé pour le meurtre de sa petite amie au matin du 14 février, va être libéré sous caution en attendant une nouvelle comparution le 4 juin.

"Je suis arrivé à la conclusion que l'accusé a présenté un dossier qui permet sa libération sous caution", a déclaré le juge Desmond Nair, devant le tribunal d'instance de Pretoria, où s'est déroulé le drame.

Le magistrat a pesé le pour et le contre pendant près de deux heures, reprenant un à un les arguments de la défense et de l'accusation.

La caution a été fixée à 1 million de rands (113.000 dollars).

L'athlète devra remettre ses armes et son passeport, et se présenter au commissariat de Brooklyn, un quartier aisé de Pretoria entre 07H00 et 13H00 les lundi et vendredi.

Il n'a pas non plus le droit de boire d'alcool.

L'annonce du magistrat a été accueillie par un "yes!" d'amis d'Oscar Pistorius, avant que l'athlète ne quitte la salle, pris de sanglots.

Des membres de la famille de Reeva Steenkamp, la victime, sont restés interdits.

"Oui, nous sommes soulagés par le fait qu'Oscar a été libéré sous caution aujourd'hui (vendredi), mais en même temps, nous portons le deuil pour Reeva Steenkamp et sa famille", a réagi peu après Arnold Pistorius, l'oncle du sportif reconverti en porte-parole improvisé de la famille.

Procès le 4 juin

Le juge a relevé qu'Oscar Pistorius ne risquait pas de fuir à l'étranger, compte tenu de sa notoriété, et compte tenu du fait qu'il ne pourrait qu'y mener une vie de fugitif.

Le magistrat est revenu sur les tendances violentes de l'athlète, dont il a beaucoup été question pendant les quatre jours d'audience.

Cependant il a regretté que l'accusation n'ait pas apporté "de preuves suffisantes pour établir des faits".

L'ouverture du procès a été fixé au 4 juin, mais il ne pourrait s'agir que d'une audience préliminaire.

Oscar Pistorius, 26 ans, affirme qu'il a tué son amie Reeva Steenkamp par erreur, pris de panique après l'avoir prise pour un cambrioleur caché dans les toilettes.

La victime, qu'il fréquentait depuis novembre, était un mannequin connu en Afrique du Sud. Elle avait 29 ans.

L'avocat de la défense Barry Roux s'est employé pendant les quatre jours d'audience à discréditer le sérieux de l'enquête pour affirmer que l'accusation n'était pas fondée.

Il a mis en cause "la faible qualité des preuves" étayant la thèse du meurtre prémédité évoqué par le ministère public.

Il a cependant reconnu vendredi que son client risquait d'être condamné pour homicide volontaire, car il a tiré à quatre reprises à travers la porte des toilettes, alors qu'il n'était pas clairement en position de légitime défense.

Ce chef d'accusation est passible de quinze ans de prison en Afrique du Sud.

Le ministère public a évoqué la préméditation.