Gaston, le dernier Etalon Burkinabé

  • 23 février 2013
Image caption Le Fespaco a fêté ses 40 ans en 2009

La dernière fois que le Burkina Faso a reçu le prestigieux prix du FESPACO, l’Etalon du Yennenga, c’était en 1997 avec le film Buud Yam de Gaston Kaboré.

Ce long métrage de Gaston Kaboré retrace l’histoire au 19ème siècle d’un jeune homme qui entreprend un voyage initiatique dans la boucle du Niger à la recherche d’un guérisseur légendaire pour soigner sa sœur adoptive gravement malade.

Pour moi, c’est aussi une sorte de métaphore sur l’Afrique qui a besoin de retrouver sa propre âme collective afin de pouvoir reprendre l’initiative sur son destin, explique Gaston Kaboré qui ajoute que le film reflète la renaissance africaine dont on parle beaucoup sur le continent.

De nouveaux engagements l’ont poussé loin des plateaux de tournage mais ne s’est pas éloigné du cinéma

En effet, cinq ans après avoir remporté le prix, celui qui a consacré sa vie au 7ème art en réalisant plusieurs productions cinématographiques et en occupant des postes de responsabilité tant sur le contient africain que dans son pays, fonde l’Institut IMAGINE un centre basé à Ouagadougou et dédié aux métiers du cinéma, de la télévision et du multimédia.

« Je n’ai pas décidé d’arrêter de faire des films. Ce serait criminel contre moi-même », confie Gaston. Il souligne qu’en tant que cinéaste et ayant été confronté plusieurs fois à la demande de formation des jeunes, il s’est demandé ce qu’il pouvait apporter à la génération future.

Gaston Kaboré se rappelle les débuts de l’institut IMAGINE. « Je me suis mis à dessiner le plan de ce bâtiment (le siège de l institut) et c’était comme si j’étais possédé par ce dessin. J’ai commencé à faire fabriquer des briques, je me suis mis à construire l’école pendant 4 ans et tous les jours, il fallait que je me réveille avec la même motivation »

Aujourd’hui, IMAGINE a formé plus de 700 professionnels de 26 nationalités. Le père de « Buud Yam » ne cache pas sa fierté au moment où son institut fête ses 10 ans.

Il espère que « l’école lui survivra et aidera à faire en sorte que les jeunes se racontent, racontent leur continent, leur pays, leur société, parlent de leur rêve, leur vision et de leur ambition ».

Tout en étant optimiste pour le cinéma africain, il estime qu’il a l’impression que le 7ème art sur le continent en est toujours à ses débuts « je ne parle pas des moyens, que nous n’avons pas souvent, mais je parle plutôt de l’audace même des auteurs et des cinéastes à raconter des histoires incroyables ».

Gaston Kaboré travaille actuellement sur une nouvelle production qui devra signer son retour sur les plateaux. Quand on lui pose la question : « à quand un prochain Etalon du Yennega pour le Burkina Faso ? » Il répond : « le jour où une configuration donne un certain nombre de films sélectionnés avec un certain jury et que ce jury estimera que le meilleur film du lot est le film burkinabé ».