RDC: enquêtes sur les exactions

Une femme se dirigeant avec ses possessions vers un camp pour déplacés à Monigi à 5km de Goma.
Image caption Une femme se dirigeant avec ses possessions vers un camp pour déplacés à Monigi à 5km de Goma.

Le ministre de la Défense de la République démocratique du Congo, Alexandre Luba Ntambo, a déclaré samedi qu'il n'y aurait pas d'impunité pour les militaires qui se sont rendus coupables de viols et de pillages fin novembre dans l'Est du pays, alors qu'ils fuyaient la progression de rebelles.

L'auditorat militaire supérieur a mené deux enquêtes, en décembre et en février, sur les accusations d'exactions ciblant des militaires qui s'étaient repliés à Minova après que la rébellion Mouvement du 23 mars (M23) eut pris Goma, chef-lieu du Nord-Kivu (Est).

"202 femmes présumées victimes de viol ont été auditionnées, ainsi que 346 personnes présumées victimes de pillage. Compte tenu du nombre élevé des présumées victimes (...) les enquêtes vont se poursuivre", a déclaré à la presse le ministre.

Le ministre a assuré que "les coupables seront sévèrement punis".

Une enquête de la Mission de l'ONU en RDC (Monusco) a permis de recenser au moins 126 femmes violées fin novembre.

Les enquêteurs ont recueilli au total 400 témoignages, dont 200 "liés à des agressions sexuelles", a précisé Martin Nesirky, un porte-parole de l'ONU.

La Monusco a menacé de ne plus coopérer avec les deux bataillons dans une lettre envoyée au chef d'état-major de l'armée le 4 février et une "injonction finale" le 18 février.

L'ultimatum expirerait courant mars.

L'armée affronte depuis près d'un an le M23, d'ex-rebelles qui avaient été incorporés dans les FARDC, puis se sont mutinés en avril dernier, affirmant que l'accord avec le gouvernement n'avait pas été respecté.

Selon un rapport d'experts de l'ONU, le Rwanda et l'Ouganda, soutiennent la rébellion, ce que les gouvernement de ces deux pays démentent.

Début décembre, des pourparlers de sortie de crise, laborieux, ont commencé à Kampala.