Guinée: les chefs de l'opposition convoqués au tribunal

Image caption Le chef de l'opposition Cellou Dalein Diallo devant plusieurs milliers de manifestants le 18 février 2013.

Des responsables de l'opposition sont convoqués le 14 mars par la justice à la suite d'une marche pour des élections législatives transparentes qui avait dégénéré en violences meurtrières.

Le chef de l'opposition Cellou Dalein Diallo, le challenger d'Alpha Condé à la présidentielle de 2010, et plusieurs autres personnalités dans son camp sont convoqués jeudi prochain au tribunal de première instance de Dixinn, dans la banlieue de Conakry.

Le tribunal devra décider si ces hommes politiques sont "civilement responsables des préjudices causés, en tant que membres du comité d'organisation de la manifestation du 27 février 2013", selon une source judiciaire.

Le chef de l'opposition Cellou Dalein Diallo, ancien premier ministre n'est pas surpris par la convocation à comparaître jeudi prochain devant le procureur.

es autorités avaient averti que les responsables du collectif qui avaient organisé la marche le 18 février seraient tenus responsables des violences et dégâts.

Selon lui, selon les militants de l'opposition qui sont les victimes des violences, "des victimes innocentes d'une répression aveugle".

Ce dernier développement n'est pas de "nature à favoriser l'apaisement", a poursuivi le leader de l'opposition, qui a renouvelé son souhait de voir la communauté internationale s'impliquer pour résoudre la crise dans laquelle le pays s'enfonce.

La Guinée traverse une nouvelle crise, liée aux élections législatives plusieurs fois repoussées depuis 2011 et désormais fixées le 12 mai.

Des législatives n'ont pas été organisées dans le pays depuis juin 2002.

Un Conseil national de transition (non élu) fait office de parlement.

L'opposition avait organisé le 27 février à Conakry une manifestation pour exiger un scrutin libre et transparent.

Le rassemblement avait dégénéré en affrontements entre manifestants et forces de l'ordre, suivis d'autres violences les jours suivants.

Ces violences ont fait au total neuf morts, dont un policier, plus de 240 blessés, dont une cinquantaine grièvement et d'importants dégâts matériels en moins d'une semaine, selon le dernier bilan.

Plusieurs dizaines de personnes ont été interpellées, d'après des témoins.

De nouvelles échauffourées entre forces de l'ordre et sympathisants de l'opposition ont eu lieu vendredi dans la capitale à l'occasion de l'enterrement de six des victimes des violences.

Jeudi dernier à l'issue d'une rencontre entre le premier ministre, Mohamed Saïd Fofana et des représentants de la classe politique et de la société civile, un porte-parole de l'opposition, Aboubacar Sylla, avait déclaré avoir lié la participation de l'opposition au dialogue au gel immédiat du processus électoral, à la libération sans condition des militants détenus depuis la manifestation du 27 février et à des compensations financières pour les victimes des violences.

L'opposition exige auss le changement de l'opérateur technique, la société sud-africaine WayMark, retenu pour la révision du fichier électoral et le maintien du vote des Guinéens de l'étranger.