Afrique: vers plus de croissance

  • 15 avril 2013
Les gratte-ciels de Pretoria.

L’Afrique sub-saharienne devrait rester parmi les régions du monde affichant la croissance la plus rapide dans les années à venir, selon un rapport de la Banque Mondiale.

Selon ce document, baptisé “Africa Pulse”, la croissance de la région devrait accélérer à plus de 5% en moyenne par an au cours des 3 prochaines années, même si les pays de la région devront faire des efforts pour convertir cette croissance en baisse de la pauvreté.

La croissance devrait être tirée par une hausse des investissements, une progression de la consommation des ménages, les prix élevés des matières premières et une amélioration progressive de la situation économique mondiale.

L’institution, basée à Washington, prédit une hausse des investissements étrangers directs vers l’Afrique sub-saharienne à des niveaux records au cours des 3 prochaines année, atteignant 54 milliards de dollars en 2015.

“Si elles sont correctement exploitées à leur plein potentiel, ces tendances promettent plus de croissance, nettement moins de pauvreté, et une prospérité partagée accrue pour les pays africains dans un avenir proche”, a déclaré Punam Chuhan-Pole, un des economistes du département Afrique de la Banque Mondiale.

Réduction de la pauvreté

"Après plus d'une décennie de croissance économique solide, l'Afrique a pu réduire la pauvreté sur le continent, mais pas encore assez", regrette toutefois la banque dans un communiqué publié en marge du rapport, relevant "la grande diversité" des performances des différents pays en la matière.

Entre 1996 et 2010, le proportion d’habitants vivant avec moins d’ $1,25 par jour a chuté de 58% à 48,5%.

Le vice-président de la Banque Mondiale pour l'Afrique, Makhtar Diop, a souligné le besoin de progrès rapide dans des domaines comme l'alimentation en électricité ou la productivité agricole dans certaines zones particulièrement vulnérables comme le Sahel ou la corne de l'Afrique.

"Les pays africains vont avoir besoin d'apporter plus d'électricité, de nourriture, d'emplois et d'opportunités aux familles et aux communautés dans l'ensemble du continent pour améliorer leurs vies, mettre fin à l'extrême pauvreté et soutenir une prospérité partagée", a estimé Makhtar Diop dans le communiqué.

Les risques

Le boom du charbon au Mozambique.

Les économistes de la Banque Mondiale mettent aussi en garde contre la forte inégalité des revenus et la dépendance au secteur minier et aux exportations de minerais, qui limite la capacité de la croissance nominale à réduire la pauvreté.

Le rapport souligne que certains pays riches en ressources comme le Gabon, la Guinée Equatoriale ou le Nigeria réalisent de moins bons chiffres de croissance que certains pays moins riches en matières premières.

Le rapport appelle à “une meilleure gouvernance” pour réduire la pauvreté.

Dans le détail, la Banque mondiale estime que l'investissement dans les infrastructure sera crucial pour maintenir et accompagner la croissance.

En Afrique australe, le Mozambique devrait continuer à attirer plus d’investisssements étrangers dans ses importantes réserves de charbon et ses découvertes de gaz offshore, et la Zambie devrait profiter d’une hausse des investissements dans le cuivre.

En Afrique de l’Ouest, selon le rapport, les investissements devraient progresser dans les secteurs miniers du Ghana, de la Guinée, du Liberia, du Nigeria et de Sierra Leone.

La Banque dit déceler certains problèmes, comme la grogne sociale en Afrique du Sud (la plus grande economie du continent) et l’instabilité politique en Centrafrique, au Mali et au Togo.

De fortes hausses des prix des denrées alimentaires representent un autre risque, de même qu’un possible ralentissement de la croissance chinoise.