Tchad: Déby répond aux critiques

  • 8 mai 2013
Image caption Idriss Déby avertit les journalistes.

Une semaine après l'annonce de la mise en échec d'une présumée tentative de déstabilisation des institutions au Tchad, le président Idriss Déby s'est exprimé mercredi pour la première fois sur les évènements.

Les responsables des partis politiques et de la société civile avaient été convoqués a la présidence.

Les représentants de la principale force de l'opposition, la CPDC (Coordination des partis politiques pour la défense de la Constitution), ne se sont pas déplacés, tout comme le chef de file du parti fédéraliste du FAR, Ngarlegy Yorongar.

Idriss Deby s'est exprimé pendant une quarantaine de minutes.

Une intervention sous forme de mise au point pour définir le présumé complot déjoué la semaine dernière.

“L’Été tchadien”

“C’est une très grande conspiration, qu’on peut appeler peut-être "l'Été tchadien", à l’image du Printemps arabe”, a déclaré Idriss Déby.

“L’intervention des forces de l’ordre pour rétablir la quiétude et la sécurité a permis de mettre la main sur des éléments de preuve accablants. Quelques présumés auteurs et complices ont été appréhendés. Il appartient à la justice de faire la part des choses, dans la sérénité”, a ajouté Idriss Déby.

Le 1er mai, le gouvernement avait annoncé qu'un "groupuscule d'individus mal intentionnés (avait) cherché à mener une action de déstabilisation contre les institutions de la République".

Au moins 6 personnalités ont ensuite été arrêtées, dont 2 députés et 2 généraux.

Répondant aux critiques qui dénoncent une opération qui viserait l’opposition, Idriss Déby a fustigé leur “mauvaise foi”.

“Encore une fois, c’est chercher à noircir le Tchad au moment où notre pays est observé de l'extérieur comme un pays stable de la région”, a déclaré le président tchadien.

Avertissement aux journalistes

Alors qu'une nouvelle arrestation a eu lieu visant le directeur de publication du journal Abba Garde, accusé d'incitation à la haine tribale, Idriss Déby a enfin évoqué le sort des journalistes et lancé un avertissement à la presse.

“Un homme politique ou un journaliste n’est pas au dessus de la loi. Arrêtez le jeu des blogeurs, alimentés d’ici même par les hommes politiques que nous connaissons. Cela doit être compris comme une participation à la conspiration. Le gouvernement ne permettra pas à un journal de mettre à mal l’unité nationale”, a conclu Idriss Déby.

“L’espace de liberté ou nous nous vivons est en train de se rétrécir”, a jugé Abba Koua, vice-president chargé de la mobilisation de l'UNDR de Saleh Kebzabo, le chef de file de l’opposition tchadienne.

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