La RDC "brade ses ressources"

La République démocratique du Congo a souffert d’un manque à gagner d’au moins 1,36 milliards de dollars de revenus potentiels entre 2010 et 2012, en raison de la vente à prix bradés d’actifs miniers à des sociétés offshore, selon un rapport publié par l’Africa Progress Panel, un panel d’experts dirigé par Kofi Annan, l’ancien secrétaire général des Nations Unies.

Selon le rapport, les populations africaines sont privées des bénéfices du boom des ressources sur le continent.

"Aucun pays n’illustre mieux les coûts élevés des échanges de concessions opaques que la République démocratique du Congo”, indique le rapport de l’APP, publié vendredi au Forum économique mondial à Cape Town.

Selon le rapport, 5 actifs miniers ont été bradés par l’Etat en RDC entre 2010 et 2012, vendus à des sociétés offshore, servant d’intermédiaires, qui réalisent ensuite d'énormes bénéfices en les revendant à des groupes étrangers.

Le manque à gagner de plus d’un milliard de dollars représente l'équivalent du double du budget combiné de la santé et de l'éducation en RDC en 2012.

Image caption Kofi Annan, pésident de l’Africa Progress Panel.

“La RDC, qui possede certaines des ressources minières les plus riches au monde, semble ne pas en profiter car des compagnies d'état sous-évaluent systématiquement les actifs sous-jacents. Des concessions ont été effectuées en des termes qui génèrent d’importants bénéfices pour des investisseurs étrangers, pour la plupart installé dans des paradis fiscaux, entraînant un manque à gagner équivalent pour les finances publiques”, indique le rapport.

"La RDC n'a rien perdu"

Le ministre congolais des Mines, Martin Kabwelulu, a rejetté les conclusions du rapport de l’APP.

“Combien de fois avons nous parlé des ces actifs, d’ENRC, Glencore, des îles Vierges? J’ai répondu à ces questions à maintes reprises”, a-t-il déclaré.

“La RDC n’a rien perdu, ces actifs ont été cédé en totale transparence”, a-t-il ajouté.

L’APP est présidé par Kofi Anna, et inclut Michel Camdessus, ancien directeur général du FMI, et Tidjane Thiam, PDG de l’assureur britannique Prudential.

Le rapport précise qu’il n’insinue pas de comportement illégal des dirigeants politiques ou des entreprises impliquées, mais demande une enquête plus approfondie.

Parmi les 5 concessions minières examinées par l’APP, 3 concernent le groupe minier kazakh ENRC, qui a acquis des concessions en RDC via des entités offshore contrôlées par Dan Gertler, un homme d’affaire israélien proche du président Jospeh Kabila, et au coeur de nombreuses tractations minières dans le pays au cours des 10 dernières années.

ENRC, coté à la bourse de Londres, fait actuellement l’objet d’une enquête de l’office britannique des fraudes, le Serious Fraud Office.

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