William Ruto devant les juges

William Ruto ( à gauche) lors d'une conférence de presse
Image caption William Ruto ( à gauche) lors d'une conférence de presse, il promet de collaborer avec la justice

Le vice-président du Kenya William Ruto était à La Haye pour une audience devant les juges de la Cour pénale internationale (CPI). Il est accusé par le procureur de crimes contre l’humanité commis lors des violences qui avaient suivies l’élection présidentielle de décembre 2007.Cette audience visait à préparer le procès, dont l’ouverture, initialement prévue fin mai, a été reportée sine die.

Au cours de cette audience, William Ruto a assuré aux trois juges qu’ils coopèreraient pleinement avec la Cour lors de son procès, mais a souligné qu’il avait aussi des obligations constitutionnelles au Kenya.

Derrière ces déclarations de principe, le tout nouveau vice-président kenyan souhaite obtenir le droit de ne pas assister à l’intégralité de son procès, qui devrait durer plusieurs années.

Le procès aurait dû s’ouvrir fin mai mais a été pour l’instant reporté sine die.

Ses avocats ont demandé aux juges de ne pas ouvrir le procès avant novembre prochain, arguant notamment que le procureur n’avait pas divulgué l’intégralité des pièces du dossier et reprochant à l’accusation de n’avoir toujours pas bouclé son enquête et d’ajouter régulièrement de nouveaux témoins à l’affaire.

De son côté, le procureur a estimé que reporter le procès à novembre était excessif, rappelant, sans les détailler, les conditions de sécurité au Kenya.

A plusieurs reprises depuis le début de cette affaire, le procureur a affirmé que les témoins étaient intimidés et a reproché au Kenya de ne pas coopérer.

S’il affirme coopérer avec la Cour, le Kenya a toujours tenté de faire annuler les deux affaires portées devant elles. Celles contre William Ruto et celle contre celui qui est désormais chef d’Etat Uhuru Kenyatta.

Début mai, Nairobi a adressé une note au Conseil de sécurité des Nations unies lui demandant d’intervenir auprès de la Cour pour suspendre les procédures, comme il en a légalement la possibilité, s’il estime que l’affaire présente des risques pour la sécurité internationale.