Tension entre Ennahda et les salafistes

Image caption Une manifestation de salafistes réclamant l'inclusion de la charia dans la constitution.

Bras de fer entre le parti islamiste Ennahda au pouvoir et la mouvance salafiste radicale en Tunisie. Par communiqués et conférences interposés, le groupe islamiste Ansar Al Chariaa, défie les autorités : il compte organiser un congrès, même si le rassemblement est interdit par le ministère de l'Intérieur.

"Le rassemblement d'Ansar al Chariaa n'aura pas lieu car il n'a pas obtenu d'autorisation comme l'exige la loi", a martelé Rached Ghanouchi, leader du parti islamiste modéré Ennahda, majoritaire au pouvoir.

Le groupe islamiste radical, Ansar al Charia, dont la traduction signifie les partisans de la Charia, la loi islamique, a annoncé vouloir rassembler plusieurs milliers de personnes dimanche à Kairouan, même si le ministère de l'Intérieur n'accorde pas l'autorisation.

"Le dialogue n'est pas possible avec ceux qui recourent aux armes et placent des mines", a déclaré avec fermeté le dirigeant d'Ennahda.

Ce langage ferme n'a pas été n'a pas été apprécié des membres d'Ansar al Chariaa.

Saifeddine Rais, l'un des portes-paroles du groupe, a soutenu que "le 3e congrès annuel d'Ansar el Chariaa aura bien lieu" ajoutant qu'il comptait réunir 40 000 personnes".

Ces derniers mois le parti islamiste modéré a été très largement critiqué pour son manque de fermeté envers les violences des extrémistes religieux.

Image caption Le président Marzouki parlant avec des soldats déployés près de la frontiére avec l'Algérie.

L'opposition tunisienne a accusé Ennahda d'être à l'origine du terrorisme sur le territoire Tunisien.

Depuis la révolution, le ministère de l'Intérieur tente de contrôler les rassemblements: toute manifestation n'ayant pas obtenu d'autorisation préalable est dispersée causant parfois émeutes et violences policières.

Jeudi matin la page officielle du groupe avait publié des photographies et videos montrant des partisans, partis de Sidi Bouzid, qui se dirigent à pied vers Kairouan, précisant qu'ils n'ont pas besoin de l'autorisation des autorités pour prêcher la parole divine.

Une question se pose: Abou Iyadh, le chef d'Ansar el Chariaa recherché par les autorités suite à l'attaque de l'ambassade des Etats-Unis en septembre dernier, sera-t-il présent au rassemblement de ce dimanche?

Par ailleurs le président Moncef Marzouki a demandé jeudi aux chefs de la mouvance salafiste de condamner la violence armée lors d'une réunion sur le "dialogue national".

Le président a appelé à "serrer les rangs face au fanatisme religieux.

Il a dénoncé, entre autres, le contrôle des mosquées par des des salafistes, le recours à la violence ou le fait de décrocher le drapeau national, qui choque en Tunisie.

Pour terminer, le chef de l'Etat a invité les Tunisiens à co-exister, qu'ils soient "modernistes, islamistes ou salafistes".s