UA: le sommet des 50 ans

Image caption Nkosazana Dlamini-Zuma, présidente de la Commission de l'UA.

Les dirigeants du continent africain convergent cette semaine vers Addis Abeba en Ethiopie pour le sommet de l’Union africaine, le 26 et 27 mai.

Le sommet prend cette année une dimension particulière, puisque l’Union africaine, et son ancêtre l’OUA (Organisation de l’Unité africaine) fêtent leurs 50 ans.

Le 25 mai 1963, 32 chefs d'Etats africains créaient l’OUA, autour de l'idéal du panafricanisme, et dans le but d’encourager l’unité et la solidarité de l’Afrique.

Cinquante ans plus tard, les 54 Etats membres de l'Union africaine ont réalisé des progrès vers cet idéal, mais peinent toujours à faire de l’Afrique un continent uni.

L'évènement à Addis Abebea sera d’abord marqué par des célébrations, avec un budget d’1,3 million de dollars mis de coté pour celles-ci: expositions, forums de jeunesse, parades, danses, sessions culturelles et même un match de football international (Ethiopie contre Soudan).

Les célébrations en grande pompe se dérouleront le 25 mai en présence d’invités de marque, dont le président français François Hollande, le vice-Premier ministre chinois Wang Yang, le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon, la présidente brésilienne Dilma Roussef et le secrétaire d’Etat americain John Kerry.

Les enjeux du sommet

Au delà du folklore, les chefs d'état devront se pencher sur les défis actuels auxquels est confronté le continent.

En tête de ceux-ci, la situation au Mali. La première phase de la guerre contre les islamistes dans le nord du Mali a été gagnée, grâce aux forces françaises et ouest-africaines.

Le Mali tente désormais d’organiser une élection présidentielle pour la fin du mois de juillet, considéré comme une gageure.

L’UA, largement dépassée dans la crise malienne, pourra-t-elle reprendre l’initiative et accompagner la sécurisation et la reconstruction du Mali?

Parmi les autres dossiers qui attendent les chefs d'état: la Centrafrique, la situation sécuritaire en RDC, le processus électoral compromis à Madagascar, la paix fragile entre le Soudan et le Soudan du Sud, convaincre l’Ethiopie de ne pas abandonner ses positions aux Shebabs en Somalie, et que faire avec la Cour Pénale Internationale, considérée par certains comme de plus en plus envahissante, d’autant qu’un chef d'état élu, le Kenyan Uhuru Kenyatta, y est désormais inculpé.

Le financement

Plus pressant encore sera le sujet du financement de l’Union africaine, compromis par la mort de l’ex-dirigeant lybien Mouammar Kadhafi, qui contribuait largement aux frais de fonctionnement de l’UA et payait les contributions de certains petits pays.

L’Union africaine ambitionne aussi de s’affranchir de sa dépendance à l’Union européenne, qui fournit environ la moitié du budget de l’UA.

L’ancien président nigérian Olusegun Obasanjo a été chargé de trouver des solutions alternatives de financement, et ses conclusions sont très attendues à ce sommet.

Enfin la présidente de la Commission de l’UA, Nkosazana Dlamini-Zuma, élue en 2012 au terme d’une campagne qui a exposé les divisions au sein de l’organisation, voudra imprimer sa marque et tracer les projets d’avenir de l’UA, à un horizon de 50 ans.

Nkosazana Dlamini-Zuma veut élargir les compétences de l’UA aux questions de développement socio-economique: la lutte contre la pauvreté, le promotion et l'émancipation des femmes et les investissements du secteur privé.

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