Prison ferme pour les Femen

Image caption La police monte la garde à Tunis devant le tribunal où etait jugées les 3 militantes féministes, le 12 juin 2012.

Les trois militantes européennes du groupe Femen ont été condamnées chacune à quatre mois de prison ferme à l'issue de leur procès mercredi à Tunis.

"Le juge a condamné les trois Femen à quatre mois et un jour de prison ferme pour atteinte aux bonnes moeurs et à la pudeur", a indiqué un de leurs avocats Souhaib Bahri.

Les trois militantes, deux Françaises et une Allemande, avaient été arrêtées le 29 mai lors d'une manifestation seins nus à Tunis en soutien à Amina Sboui, leur camarade tunisienne emprisonnée.

Après la condamnation, la dirigeante de Femen, Inna Shevchenko, a prévenu que son organisation allait mener d'autres actions en Tunisie.

"C'est une décision politique qui confirme le caractère dictatorial de la Tunisie pour qui il est plus simple de mettre des filles en prison que de reconnaître que les femmes ont le droit de disposer librement de leur corps", a-t-elle déclaré depuis Paris.

"Nous sommes très en colère après ce verdict très dur et nous allons poursuivre nos actions en Tunisie, nous les préparons déjà, nous allons les élargir, les multiplier. On ne va pas s'arrêter", a-t-elle martelé.

Les avocats français des Femen, Patrick Klugman et Yvan Terel, ont de leur côté exprimé leur "consternation" et dénoncé une atteinte à la liberté d'expression, en précisant que leurs clientes feraient appel.

Pas de remord

"C'est une condamnation extrêmement lourde. C'est une atteinte grave à la liberté d'expression, pas seulement pour ces filles, mais pour la liberté d'expression en général", ont-ils ajouté.

Lors du procès mercredi matin, elles n'ont exprimé aucun remord pour leur action, la première de ce type dans le monde arabe.

"Je suis venue le 28 mai pour faire une manifestation politique et soutenir Amina", a expliqué Josephine Markmann, la militante allemande.

Interrogée par le juge sur ses intentions de récidive, elle a rétorqué selon une traduction en arabe: "Je me réjouis de chaque opportunité pour exprimer mes positions politiques".

"Dévoiler nos seins n'est pas pour créer une excitation sexuelle, il s'agit d'une forme de militantisme", a déclaré l'une des Françaises, Marguerite Stern.

Les avocats des associations islamiques ont pour leur part attaqué les jeunes militantes: "C'est l'islam qui honore la femme et lui offre sa liberté et non le fait de se dévêtir", a lancé Me Slah Khlifi.