Hissène Habré en garde à vue à Dakar

  • 30 juin 2013
Image caption Hissène Habré a dirigé le Tchad de 1982 à 1990.

L'ancien président tchadien Hissène Habré, réfugié à Dakar depuis 1990 et accusé de crimes contre l'humanité, a été placé en garde à vue dimanche dans le cadre d'une enquête ouverte par un tribunal spécial devant le juger.

Un des avocats de M. Habré, Me El Hadji Diouf a indiqué sur la radio privée RFM qu'il venait d'être "arrêté par des gendarmes à son domicile à Dakar et conduit vers une destination inconnue".

Il dénonce un "acharnement" qui a duré "13 ans".

"Sommes nous dans un Etat de droit ? De quelle urgence est-on venu cueillir Hissène Habré un dimanche ?", a-t-il lancé.

Jeudi lors de sa visite au Sénégal, le président des Etats-Unis, Barack Obama, avait loué les efforts du Sénégal pour juger l'ancien dictateur tchadien, accusé de crimes de guerre, de crimes contre l'humanité, et de torture.

Il faisait allusion notamment la mise en place d'un tribunal spécial en février dernier.

Selon des ONG, 40.000 personnes auraient été tuées durant la présidence d'Hissène Habré.

Un tournant historique

Pour le procès, le gouvernement sénégalais et l'Union africaine (UA) ont signé un accord, en vue de la création, au Sénégal, d'un tribunal spécial.

L'accord a été approuvé le 19 décembre par les députés sénégalais.

Le Sénégal avait été mandaté en juillet 2006 par l'Union africaine (UA) pour faire juger M. Habré, mais l'ex-président sénégalais, Abdoulaye Wade, n'a jamais organisé de procès.

Son successeur, Macky Sall, qui a pris ses fonctions en avril 2012, a exclu d'extrader Hissène Habré en Belgique, pays qui le réclamait au nom du principe d'universalité.

M. Sall s'était engagé à organiser un procès au Sénégal.

Des chambres africaines extraordinaires (CAE) ont été créées au sein des juridictions sénégalaises pour juger M. Habré.

"C'est un procès que nous soutenons et nous nous félicitions du rôle moteur joué par le Sénégal dans les efforts pour que justice soit rendue. D'ailleurs nous y contribuons financièrement", avait affirmé Ben Rhodes le conseiller adjoint à la sécurité nationale du président.

Un procès d'Hissène Habré marquerait un tournant historique car jusqu'à présent, les dirigeants africains accusés d'atrocités ont été jugés par des tribunaux internationaux.

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