Zimbabwe: vote des forces de sécurité

  • 14 juillet 2013
Des policiers faisant la queue pour voter à Harare.
Image caption Des policiers faisant la queue pour voter à Harare.

Les policiers et militaires ont commencé de voter par anticipation dimanche, deux semaines avant l'élection du 31 juillet qui opposera à nouveau le président Robert Mugabe au Premier ministre Morgan Tsvangiraï qui se présente pour la troisième fois.

A Harare, la capitale, policiers et soldats en uniformes faisaient la queue devant les bureaux de vote, sous le regard d'observateurs électoraux régionaux.

Lors des précédents scrutins, ce vote se déroulait portes closes, dans les casernes, sans la présence d'observateurs indépendants.

En 2008, policiers, soldats et gardiens de prison devaient voter en présence de leurs supérieurs hiérarchiques.

Il semble que les opérations de vote aient pris du retard à la mi-journée, selon des correspondants.

Le parti du Premier ministre Tsvangirai s'est même inquiété sur son compte twitter d'une "situation chaotique", avec "aucun bulletin de vote nulle part!".

Les 87.000 militaires, policiers et membres des principaux organes sécuritaires de l'Etat, ont jusqu'à lundi soir pour accomplir leur devoir électoral.

Les diplomates zimbabwéens en poste à l'étranger votent aussi par correspondance pendant ces deux jours.

Arrivé au pouvoir il y a 33 ans, le président Mugabe, 89 ans, affronte une nouvelle fois M. Tsvangirai, 61 ans, pour la présidence.

Image caption Morgan Tsvangiraï, le candidat du MDC, en campagne à Mutare.

Les élections présidentielle et législatives du 31 juillet, doivent mettre fin au gouvernement de cohabitation instauré sous la pression internationale en 2009 pour éviter une guerre civile.

Morgan Tsvangirai, du MDC, a regretté le manque de mise en oeuvre de réformes concernant notamment la loi électorale, les media et la sécurité des scrutins, qui étaient demandées par la communauté internationale.

Lundi le Mouvement pour le changement démocratique introduira un recours devant la Haute Cour de Justice pour obtenir l'annulation du vote de ce dimanche et lundi, selon un avocat du MDC, Harrison Nkomo.

Selon la commission électorale,69 000 policiers sont inscrits sur les listes électorales.

Le MDC estime que ce chiffre est gonflé et soutien que seulement 41.133 policiers peuvent voter.

Les chefs de la police et de l'armée ont ouvertement apporté leur soutien à Robert Mugabe et à son parti, le Zanu-PF.

Pour eux Morgan Tsvangirai est une marionnette des Occidentaux.

Les forces de sécurité sont régulièrement accusées de violations des droits de l'homme, de violences et d'intimidations envers l'opposition.

En 2008, Morgan Tsvangirai était arrivé en tête au premier tour de la présidentielle, mais il avait dû se retirer devant les violences faites à ses partisans.

Lui-même avait été agressé.

Le bilan des victimes s'élevant à environ 200 morts.

Seul en lice, Robert Mugabe avait ensuite été réélu à la tête du pays.

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