Crainte sur l'offensive de l'Onu en RDC

Des soldats des Nations unies effectuant une patrouille dans la montagne de Munigi, près de Goma.
Image caption Des soldats des Nations unies effectuant une patrouille dans la montagne de Munigi, près de Goma.

Refugees International, une organisation humanitaire, redoute que les opérations militaires prévues par la nouvelle brigade d'intervention onusienne dans l'Est de la République démocratique du Congo aggrave la situation humanitaire.

Cette force composée de 3.000 soldats, récemment mise sur pied, est mandatée par les Nations unies pour combattre les groupes rebelles dans la région.

Des détachements ont commencé d'effectuer des patrouilles.

Cet avertissement a été rendu public alors que le Conseil de sécurité est réuni pour discuter de la situation en RDC.

La réunion du Conseil sera présidée par le secrétaire d'Etat américain John Kerry.

Les Nations unies sont confrontées au classique dilemme:

- on les critique de ne pas agir avec suffisamment de fermeté, par exemple lorsque l'an passé les combattants du M23 sont entrés dans Goma.

Et maintenant qu'elles sont déterminées à agir, elles font aussi l'objet de critiques de la part d'agences humanitaires qui craignent les conséquences sur la situation humanitaire.

On estime actuellement à 2 millions et demi le nombre des déplacés à cause de l'instabilité dans la région due aux groupes armés.

Refugees International demande aux Nations unies établissent d'établir des règles d'intervention afin de protéger les civils d'éventuelles conséquences lorsque l'offensive prévue sera lancée.

Faute de quoi, affirme l'organisation humanitaire, le nouveau mandat, qualifié "d'agressif" serait plus dommageable que bénéfique.

Médecins sans frontières, l'organisation humanitaire, a récemment fait part de sa préoccupation au sujet du manque de clarté entre les opérations humanitaires et le rôle militaire de l'Onu.

MSF ne souhaite avoir aucune force militaire, y compris des casques bleus, stationnés près de leurs centres de soins.

L'organisation craint qu'ils ne soient la cible d'attaques par des milices.

La brigade spéciale d'intervention en RDC est composée de soldats sud-africains, tanazaniens et malawites.

Lundi 22 juillet dans un rapport, Human Rights Watch a affirmé que des rebelles du M23 ont "exécuté sommairement au moins 44 personnes et violé au moins 61 femmes et jeunes filles depuis mars", dans l'est de la RDC.

"Des habitants de la région et des rebelles déserteurs ont décrit de récentes activités attestant que les forces criminelles du M23 ont reçu de l'aide en provenance du Rwanda", écrit l'ONG.

"Parmi ces activités figurent des mouvements réguliers du Rwanda vers la RDC d'hommes en uniforme de l'armée rwandaise, et l'approvisionnement du M23 en munitions, en vivres et autres fournitures provenant du Rwanda".

Le M23 est actif depuis mai 2012 dans le Nord-Kivu, une province riche en minerais.

Il est essentiellement composé de Tutsi congolais intégrés à l'armée congolaise après un accord de paix signé en mai 2009.

Ils se sont mutinés en avril 2012, estimant que cet accord n'avait jamais été respecté par les autorités de Kinshasa.

Le gouvernement rwandais a toujours démenti tout lien avec le M23.

Le président rwandais Paul Kagame a qualifié ces accusations de "ridicules".

La porte-parole du Département d'Etat, Jennifer Psaki a refusé de préciser s'il y avait eu des contacts entre Washington et Kigali après la publication du rapport de HRW, notant simplement que la Maison Blanche partageait les vues du département d'Etat.