Egypte: la mosquée d'al Fateh évacuée

Un blessé escorté par les forces de sécurité après la fin du siége de la mosquée d'al-Fateh au Caire.
Image caption Un blessé escorté par les forces de sécurité après la fin du siége de la mosquée d'al-Fateh au Caire.

Les forces de sécurité sont entrées dans la mosquée d'al-Fateh au Caire où plus d'une centaine de partisans de la confrérie des Frères musulmans étaient retranchées depuis les violences de vendredi.

La plupart des personnes dont des étrangers, qui se trouvaient à l'intérieur, ont été arrêtées.

Des images diffusées par des chaînes de télévision ont montré des échanges de tirs entre un homme posté en haut du minaret et les forces de sécurité au sol.

Un porte-parole du gouvernement, Sherif Shawqi, a rejeté la responsabilité des violences sur les Frères musulmans.

"Les Frères musulmans se servent d'armes pour attaquer les civils.

"Ils savaient que la police et l'armée, comme je vous l'ai déjà dit, allaient faire tout leur possible pour ne pas recourir à la force.

"Ils ne se sont pas servis de leurs armes contre eux.

"Au contraire, ils ont cherché à négocier au maximum.

"Vingt-sept commissariats ou autres services de police ont été incendiés et pillés.

"Un certain nombre d'agents ont été tués", a affirmé le porte-parole du gouvernement.

Le dernier bilan des violences de vendredi fait état de 173 morts et 1330 blessés dans le pays.

Plus de 3000 partisans des Frères musulmans, dont le frère du dirigeant d'al-Qaïda, Ayman al-Zawahiri, ont été arrêtés.

La dissolution de la confrérie des Frères musulmans est actuellement examinée, a précisé un porte-parole du gouvernement.

L'état d'urgence et un couvre-feu nocturne sont en vigueur en Egypte, depuis la dispersion dans le sang mercredi au Caire des campements de partisans du président islamiste déchu Mohamed Morsi

Il a été destitué et arrêté par l'armée le 3 juillet après des manifestations en masse dans tout le pays pour exiger son départ.

Réactions dans le monde

Par ailleurs plusieurs milliers de manifestants se sont rassemblés samedi à Istanbul et Konya dans le centre du pays à l'appel d'organisations pro-islamistes en faveur du président égyptien déchu Mohamed Morsi.

"A Bas Al-Sissi" (le chef des armées), "Morsi au pouvoir !", ont notamment scandé les quelque 4.000 manifestants réunis sur l'esplanade de la mosquée neuve du quartier d'Eminönü, à Istanbul.

Brandissant des drapeaux de l'Egypte, les manifestants ont aussi appelé le monde musulman à "venir en aide au peuple égyptien massacré".

Près de 10.000 personnes ont aussi manifesté leur soutien au président islamiste déchu à Konya, un fief islamiste, a rapporté l'agence Dogan.

La Turquie a rappelé son ambassadeur au Caire après la répression sanglante des manifestations de partisans des Frères musulmans mercredi.

L'Egypte a répliqué en rappelant aussi son ambassadeur en Turquie pour consultations.

Le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan, chef du parti de la Justice et du développement, issu de la mouvance islamiste, avait fortement renforcé les liens entre son pays et l'Egypte sous la présidence de Mohamed Morsi, élu en juin 2012.

Ankara ayant fait du Caire l'un de ses partenaires privilégiés dans sa stratégie d'influence régionale.

Enfin la présidente de la Commission de l'Union Africaine, Nkosazana Dlamini-Zuma, a appelé samedi à la retenue en Egypte où les violences ont fait plus de 750 morts depuis mercredi.

"J'appelle à toutes les parties à faire preuve d'un maximum de retenue et à s'engager sur la voie du dialogue", a-t-elle lancé à l'ouverture d'un sommet régional de la Communauté de développement d'Afrique australe (SADC) qui se tient dans la capitale du Malawi.

"Il est nécessaire que l'UA organise une réunion de son conseil de paix et de sécurité" , a-t-elle ajouté, soulignant "l'énorme responsabilité de l'Union Africaine dans le règlement des conflits et de l'instabilité" en Afrique.

L'Egypte a été suspendue de l'UA, à la suite de la destitution par l'armée le 3 juillet du président égyptien Mohamed Morsi.

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