RDC: manifestation contre la violence

  • 24 août 2013
Plusieurs centaines de personnes ont manifesté samedi à Goma contre les violences qui ont fait sept morts et des dizaines de blessés depuis mercredi.
Image caption Plusieurs centaines de personnes ont manifesté samedi à Goma contre les violences qui ont fait sept morts et des dizaines de blessés depuis mercredi.

Plusieurs centaines d'habitants de Goma ont samedi manifesté après la chute d'un obus de mortier, dans le quartier de Ndosho, faisant trois morts.

Toutes les boutiques étaient fermées et la circulation était réduite.

Des slogans hostiles à la Monusco, ont été entendus et l'un de ses véhicules a été caillassé.

Depuis la reprise mercredi des combats entre les soldats congolais avec l'appui de la Monusco et les rebelles, les violences dont une série de tirs d'obus ont fait sept morts et plusieurs dizaines de blessés parmi la popuation civile.

Le porte-parole militaire de la Monusco, le lieutenant-colonel Prosper Basse, a indiqué que le personnel des Nations unies avait été invité à réduire ses mouvements en ville.

Il a réitéré le "soutien indefectible" de la Monusco aux forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC).

Aucune information n'a pu être obtenue auprès des Nations unies sur l'origine des tirs.

Rebelles et autorités congolaises se rejettent mutuellement la responsabilité de ces tirs tandis que l'armée rwandaise a acccusé la RDC d'avoir à nouveau bombardé son territoire.

Avertissement de Kigali

Son porte-parole, le général Joseph Nzabamwita a averti qu'elle ne resterait pas indéfinimement sans réagir.

Par ailleurs la rebellion du M23 a adressé samedi une lettre ouverte au secrétaire général des Nations unies, pour lui demander de mettre en place une commmission d'enquête sur les incidents meurtriers de ces derniers jours.

Le mouvement composé d'ex-rebelles intégrés aux FARDC, qui ont fait défection, accuse Kinshasa de tirer au mortier des obus sur la ville de Goma, le chef-lieu de la province du Nord-Kivu dans l'est du pays.

Le gouvernement congolais joint par la BBC s'est déclaré opposé à cette demande.

Lambert Mendé, le porte-parole, a vivement réagi à cette requête:

"Une enquête demandée par le M23 , autant demander à l'OTAN de faire une commission d'enquête avec al-Qaïda."

Selon la lettre ouverte du président du M23, Bertrand Bisimwa transmise samedi à Ban Ki-moon, Kinshasa a tiré des obus de mortiers sur Goma.

Lambert Mende a reconnu que les obus ont été effectivement tirés à partir du territoire congolais, mais il a insisté que ce sont des territoires sous contrôle du M23.

Le porte-parole a aussi accusé la rebellion d'avoir tiré ces obus "pour donner des prétextes au Rwanda déjà engagé officieusement, de pouvoir entrer en guerre de manière tout à fait officielle."

Il a affirmé que les autorités congolaises étaient prêtes à coopérer avec Kigali dans le cadre de la CIGL (la Conférence Internationale sur la Région des Grands Lacs ) pour enquêter sur ces incidents "qui élargissent le fossé entre les deux voisins".

Dans la même lettre ouverte du M23 accuse le gouvernement congolais d'avoir repeint les hélicoptères de combat en blanc pour faire croire qu'il s'agit d'avions onusiens.

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