Burkina: l'opposition contre un sénat

  • 6 septembre 2013
Une manifestation en faveur du président Compaoré à Ouagadougou, une semaine après qu'un rassemblement de l'opposition eut été dispersé par la police.
Image caption Une manifestation en faveur du président Compaoré à Ouagadougou, une semaine après qu'un meeting de l'opposition eut été dispersé par la police.

L'opposition au Burkina Faso rejette de nouvelles propositions du président Blaise Compaoré sur la mise en place d'un Sénat, soupçonnant le dirigeant au pouvoir depuis 1987 et qui achève son dernier mandat selon la Constitution.

A l'issue de plusieurs jours de concertations, le Comité de suivi et d'évaluation des réformes politiques qui regroupe des représentants de partis au pouvoir, de l'opposition modérée et la société civile a proposé de réduire le nombre de sénateurs de 89 à 71 et de ramener l'âge minimum requis de 45 à 35 ou 30 ans.

Le comité institué par le président Compaoré à la suite d'un tollé général soulevé après l'adoption en mai de la loi sur la mise en place du Sénat a aussi proposé de réduire le quota des sénateurs nommés par le chef de l'Etat qui, dans la loi, est fixé à 29.

Il demande également au pouvoir de "prendre des mesures en vue de minimiser le coût de fonctionnement du Sénat".

Réagissant à ces propositions, l'opposition a affirmé dans une déclaration représentant plusieurs partis qu'elle "ne se sent nullement concernée par des discussions sur la recomposition, la modification ou le réaménagement du Sénat".

"Depuis le début, la position de l'opposition est connue: le Sénat est inutile, inopportun et budgétivore au regard des besoins actuels de notre pays", souligne le texte.

L'opposition et les syndicats ont plusieurs fois manifesté contre l'installation de ce Sénat.

Ils accusent le pouvoir de vouloir réviser, par l'entremise de cette chambre haute, l'article 37 de la Constitution limitant le nombre de mandats présidentiels, pour permettre à M. Compaoré de se représenter à nouveau en 2015.

Ce sénat dont la mise en place est normalement prévue en septembre doit être composé de 89 membres dont 29 nommés par le Chef de l'Etat, 39 élus par les collectivités territoriales, le reste provenant des religieux et chefs coutumiers, des syndicats, du patronat et de la diaspora.

Au pouvoir depuis un putsch en 1987, M. Compaoré dont le régime a failli être renversé en 2011 par une vague de mutineries entretient le doute sur ses intentions pour 2015.