Bangui: des ex-rebelles condamnés

Depuis les incidents avec des combattants de la Seleka, la Fomac, la force africaine en Centrafrique qui assure la sécurité à Bangui.
Image caption Depuis les incidents avec des combattants de la Seleka, la Fomac, la force africaine en Centrafrique qui assure la sécurité à Bangui.

Seize combattants de la coalition Seleka ayant pris le pouvoir en mars en Centrafrique ont été condamnés mercredi à huit ans de prison ferme pour des pillages commis à Bangui lors d'une opération de désarmement de partisans de l'ancien régime.

Ils ont été reconnus coupables de vols, de pillages, de destruction de biens et d'actes de nature à troubler l'ordre public à l'issue d'un procès ouvert le 30 août.

Ils sont condamnés à huit ans d'emprisonnement et à 200.000 francs CFA (305 euros) d'amende chacun.

Lors du procès - le premier du genre visant d'ex-rebelles, accusés d'exactions contre la population -, le procureur Alain Tolmo avait requis 10 ans de prison ferme contre les prévenus, qui avaient plaidé non coupable.

Condamnés par le tribunal de Grande instance, ils peuvent faire appel.

Le 20 août, une opération de désarmement de partisans de l'ex-président François Bozizé, menée par le Séléka dans le quartier de Boy-Rabé, avait fait au moins 11 morts et une trentaine de blessés et été accompagnée de pillages et d'incendies d'habitations.

Les prévenus avaient été interpellés par d'autres combattants de la Séléka.

Suite à cet incident, la force africaine en Centrafrique (Misca) avait pris position dans le nord de Bangui, pour neutraliser des combattants de la Séléka qui semaient la terreur et refusaient de regagner leurs casernes.

Image caption Des jeunes recrutés par la Seleka à Bangui après la chute de Bozizé en avril.

Le président de transition Michel Djotodia, qui a renversé le 24 mars le général Bozizé, au pouvoir depuis dix à la suite d'un coup d'Etat, a de son côté interdit aux combattants Séléka de participer à toute opération de maintien de l'ordre dans Bangui.

La coalition Séléka compte environ 25.000 combattants, dont 20.000 ralliés "de la dernière heure" au moment de la prise de Bangui, selon des estimations officielles.

Nombre de ces hommes n'obéissent qu'à leurs chefs directs, qui se sont taillés des fiefs en province et à Bangui.

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