Soudan: violentes manifestations

Image caption Des manifestants brûlent des pneus et ferment l'autoroute vers les villes du nord, à Kadro, à 25km du centre de Khartoum, le 25 septembre 2013.

Les manifestations anti-gouvernementales ont repris à Khartoum, la capitale du Soudan, pour le troisième jour consécutif.

La police soudanaise a tiré à coup de gaz lacrymogène sur les manifestants mercredi, alors que la colère monte contre la hausse des prix du carburant.

Les manifestations ont fait 21 morts, selon un médecin joint par la BBC.

Des manifestants ont mis le feu à un bâtiment de l’université, et bloqué la route principale vers l’aéroport, près de l'hôtel de luxe Rotana, selon des témoins cités par Reuters.

Des centaines de membres des forces de l’ordre et des policiers en civil armés de revolvers ou de matraques ont investi le centre de la ville.

Au moins une vingtaine de manifestants on été interpellés. "Liberté, liberté", "le peuple veut la chute du régime", scandaient les manifestants, dont beaucoup d'étudiants, selon l’AFP.

Ils ont lancé des pierres sur la police qui a répliqué en tirant des grenades lacrymogènes.

Les magasins étaient fermés à Khartoum et sa ville jumelle, Oumdurman.

Plusieurs routes étaient coupées, les manifestants ayant mis le feu à des pneus usagés.

"La plupart des régions de la province de Khartoum ont connu des troubles et des rassemblements non autorisés dans le but de porter atteinte aux propriétés et de se livrer à des pillages, ce qui a nécessité l'intervention de la police", a annoncé un communiqué des forces de l'ordre.

Mardi, des manifestants avaient pillé et incendié le siège du Parti du congrès national, au pouvoir, à Oumdurman, selon des témoins.

Crise économique

Ces protestations ont été provoquées par la décision lundi du gouvernement de lever les subventions sur les prix des carburants, pour tenter de résorber un déficit budgétaire croissant.

La mesure a touché durement les plus pauvres.

Khartoum a perdu les trois-quarts de ses revenus pétroliers depuis l'indépendance il y a deux ans du Soudan du Sud, qui a récupéré près de 75% de la production de brut, privant le gouvernement de sa principale source de revenus.

Depuis, le Soudan est touché par une inflation galopante et connaît une grave pénurie de dollars pour financer ses importations.

Le président soudanais Omar al-Béchir, au pouvoir depuis 1989, avait largement évité les soulèvements populaires du Printemps arabe qui avaient renversé des régimes autoritaires en Tunisie, en Egypte et en Libye, mais la colère monte dans le pays en raison de la crise économique et de la corruption.

Le gouvernement avait déjà réduit partiellement les subsides sur le carburant en juillet 2012, entraînant des manifestations réprimées par les forces de l’ordre.