CPI : un kenyan visé pour subornation

Un juge de la CPI
Image caption C'est la première fois que la CPI émet un tel mandat d'arrêt

Par trois fois, Walter Barasa aurait tenté de suborner des témoins du procureur. Entre mai et juillet dernier, le suspect, qui selon la presse kenyane serait journaliste, aurait proposé entre 8000 et 12 000 euros à trois témoins pour qu’ils reviennent sur leurs dépositions, enregistrées par les enquêteurs du procureur.

A chaque fois, la scène se déroule proche de Kampala en Ouganda.

Au cours des enquêtes, Walter Barasa avait servi d’intermédiaire aux enquêteurs du procureur, qui l’accuse désormais d’agir au sein d’un cercle de fonctionnaires de l’administration kenyane, dans l’objectif de saboter l’affaire en cours contre le vice-président William Ruto.

L’accusation assure que les interférences sont devenues fréquentes et sérieuses depuis le mois de mai, quelques semaines après l’intronisation d’Uhuru Kenyatta et William Ruto à la tête du Kenya.

La Cour a délivré le mandat d’arrêt le 2 août, mais il était depuis conservé sous scellés, de crainte, selon le juge, de contrecarrer les chances d’arrestation.

La balle est désormais entre les mains des autorités kenyanes qui ont l’obligation d’arrêter le suspect.

L’affaire sera un véritable test. Nairobi assure coopérer avec la Cour, tout en essayant de faire annuler les procédures en cours et de s’allier notamment les Nations unies et l’Union africaine.

La question des témoins pèse lourdement sur les affaires en cours.

Plusieurs d’entre eux se sont rétractés au cours des derniers mois. Or sans témoins, le procureur ne peut prouver les accusations de crimes contre l’humanité portées contre les accusés.