RCA: Paris va renforcer ses troupes

  • 13 octobre 2013
Le ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius était accompagné par la commissaire européenne à l'aide humanitaire
Image caption Le ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius était accompagné par la commissaire européenne à l'aide humanitaire

Le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius a annoncé dimanche à Bangui l'envoi de troupes supplémentaires en Centrafrique et demande que des élections libres soient organisées début 2015.

Laurent Fabius etait accompagné par la commissaire européenne à l'aide humanitaire Kristalina Georgieva, pendant son séjour de quelques heures avant de rejoindre le président Hollande qui entame lundi une visite officielle en Afrique du Sud.

Actuellement 410 soldats français sont stationnés en Centrafrique avec pour mission de protéger les intérêts français et assurer la sécurité de l'aéroport de Bangui.

Selon une source diplomatique, les effectifs des troupes françaises pourraient atteindre 750 voir 1.200 hommes, et viendraient en appui à la force panafricaine Misca, comme au Mali.

En contrepartie de l'aide française, le ministre demande aux autorités en place de respecter la feuille de route pour sortir le pays de la crise.

A l'issue d'un entretien avec le président Michel Djotodia - ancien chef des rebelles de la Séléka qui tente désormais de prendre ses distances avec ses compagnons d'armes - et le Premier ministre Nicolas Tiangaye, M. Fabius a affirmé avoir "exigé des autorités que des élections libres aient lieu début 2015 auxquelles ne se représenteront pas ces autorités".

En outre, les "exactions doivent cesser en RCA. La dissolution de la milice Séléka doit être effective, il ne peut pas y avoir de bandes armées à travers le territoire", a poursuivi M. Fabius.

Il a promis qu'il n'y aurait pas d'impunité pour ceux qui commettent des crimes.

De son côté la commissaire européenne, Kristalina Georgieva, a estimé que outre l'action humanitaire il fallait aussi restaurer l'Etat, car sans Etat, les seigneurs de guerre vont gagner".

"Il serait désastreux de laisser ce conflit se confessionaliser", a souligné M. Fabius, en référence aux affrontements qui ont fait plus de 150 morts depuis début septembre dans le nord-ouest du pays entre anciens rebelles et milices d'autodéfense.

La majorité de la population de 5 millions d'habitants est chrétienne.

400 000 personnes sont déplacées dans le pays en raison de l'insécurité et un tiers de la population a besoin d'une aide humanitaire d'urgence.

Au cours de sa visite, M. Fabius s'est entrenu avec des représentants de la communauté française --il reste moins de 600 Français à Bangui--, les militaires français ainsi que les représentants de la Misca, la force africaine déployée en Centrafrique qui doit compter à terme 3.600 hommes mais dont seuls 2.000 sont déployés sur le terrain jusqu'à présent.

Cette visite intervient trois jours après le vote à l'ONU d'une résolution initiée par la France, qui ouvre la porte à l'envoi de Casques Bleus en Centrafrique d'ici plusieurs mois.

"Si on mettait en RCA l'argent qui a été utilisé pour chasser les islamistes du Mali on serait tranquilles pour 30,40 ans", a affirmé le porte-parole de la présidence centrafricaine, Guy Simplice Kodegue, soulignant que "les caisses de l'Etat sont vides".

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