RCA: violence “sans précédent”

  • 16 octobre 2013
Image caption Des habitants de Bangassou, de retour après avoir fui en brousse, le 8 octobre 2013.

Une nouvelle vague de violence en Centrafrique a poussé des dizaines de milliers de personnes à fuir de chez elles, selon Médecins sans frontières.

Dénonçant une violence "sans précédent" en Centrafrique, l’ONG appelle les groupes armés à respecter la sécurité des civils et humanitaires et exhorte à déployer une aide d'urgence.

MSF rapporte que des femmes et des enfants figurent parmi les victimes de violences traitées pour des blessures par balles ou à la machette dans le nord-ouest du pays.

Des villages entiers ont été réduits en cendre, dans des attaques à connotation sectaires, ajoute MSF.

"Des dizaines de milliers de villageois ont fui une nouvelle vague d'attaques et d'exécutions sommaires -perpétrées tant par des groupes armés que par des forces gouvernementales- dans le nord-ouest du pays", indique MSF, estimant à plus de 30.000 le nombre de déplacés sur Bossangoa et à des milliers celui des personnes déplacées aux alentours.

Les gens se réfugient dans la brousse, sans protection, et sont particulièrement exposés au risque de paludisme, première cause de mortalité dans le pays, s'inquiète l'ONG.

"Ces familles vivent dans une grande promiscuité. Elles cuisinent, mangent, dorment, se lavent et font leurs besoins au même endroit. Ces conditions d'hygiène désastreuses accroissent de manière critique le risque d'épidémie", décrit Ellen Van der Velden, chef de mission MSF en RCA.

"MSF est aujourd'hui l'une des seules ONG à travailler dans les zones du pays affectées par le conflit.

Elle fournit des soins médicaux et chirurgicaux, un accès à l'eau potable et à l'hygiène, ainsi qu'un soutien nutritionnel. Mais une aide plus importante est nécessaire", souligne-t-elle.

La Centrafrique est plongée dans le chaos depuis la chute en mars du président François Bozizé, renversé par une coalition hétéroclite de rebelles, la Séléka, aujourd'hui officiellement dissoute.

Depuis, le pays est livré à des chefs de bande et des mercenaires étrangers, l'État s'est effondré et les violences menacent de prendre un tour religieux entre chrétiens, qui constituent la majorité des 5 millions d'habitants, et musulmans.

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