M23: la RDC fixe ses conditions

Image caption Des soldats des Forces armées de la RDC, pendant leur reconquête de l'Est, le 27 octobre 2013.

La RDC s’est dit prête mercredi à retourner à Kampala pour signer une “déclaration” reflétant le défaite militaire de la rébellion du M23.

La délégation congolaise avait quitté Kampala la veille, refusant de signer un “accord” de paix avec le M23, pour ne pas légitimer le mouvement.

François Muamba, un des principaux négociateurs congolais, a déclaré que le document final devait acter que les rebelles du M23 ont été vaincus et que la guerre ne s'est pas terminée grâce à un accord.

“Nous ne signerons rien qui soit contraire à nos intérêts nationaux”, a ajouté le porte-parole du gouvernement de RDC, Lambert Mende.

“Si cela est bien compris, nous retournerons à Kampala et nous signerons une déclaration”.

Kinshasa a accusé la médiation ougandaise de manquer de neutralité dans le processus, et de favoriser le M23.

Des accusations que rejette le gouvernement ougandais.

“Nous considérons les accusations de M. Mende comme injustes, infondées, fausses, et non-propices au processus de paix au Congo”, a déclaré Ofwono Opondo, porte-parole du gouvernement ougandais.

Image caption Le secrétaire permanent du M23, Serge Kambasu Ngeve (au centre), à Kampala le 13 novembre 2013. Il se dit prêt à signer avec le gouvernement congolais.

Les experts de l’ONU avaient accusé le Rwanda et l’Ouganda de soutenir les rebelles du M23, ce que les deux pays ont démenti.

Le M23 se divise

Des signes de division sont apparus mercredi au sein du M23 à Kampala.

Certains membres du bureau politique du groupe, emmenés par le secrétaire permanent Serge Kambasu Ngeve, se sont dit prêts à signer un document avec le gouvernement congolais, contre la volonté du leader politique du M23 Bertrand Bismimwa.

Serge Kambasu Ngeve affirme être soutenu "presque par l'ensemble des membres" de l'ex-mouvement rebelle.

Désarmer les groupes rebelles

Pendant ce temps, les Nations Unies ont exhorté mercredi la RDC de se doter d’un “plan” permettant la démobilisation, le désarmement, et la réinsertion sociale de tous les combattants des nombreux groupes armés dans l’Est du pays.

Kinshasa a sommé ces groupes de deposer les armes, precisant qu’apres le M23, l’armée congolaise s’attaquerait en priorité aux rebelles hutus du FDLR.