Sécuriser le Sahel: une priorité

  • 14 novembre 2013
Image caption Le ministre marocain des Affaires étrangèresSalahdine Mezzouar (centre), avec Laurent Fabius et les chefs de la diplomatie d'une vingtaine de pays, à Rabat, le 14 novembre 2013.

Les gouvernements d’une vingtaine de pays disent vouloir renforcer la coopération transfrontalière face aux menaces sécuritaires en Afrique du nord.

Lors d’une conférence sur la sécurité dans le Sahel, jeudi à Rabat, les chefs de la diplomatie de nombreux pays ont tenté d’amorcer une réponse commune aux terrorisme, trafic de drogues et d’arme, et immigration clandestine qui gangrenent la zone, en particulier en Libye et au Mali, pays où gravitent des groupes islamistes.

"La région est devenue un espace ouvert pour divers mouvements terroristes et autres groupes qui prospèrent via le trafic d'armes ou la drogue. Cela menace la sécurité régionale", a d'emblée souligné le ministre marocain des Affaires étrangères, Salaheddine Mezouar.

Il faut "renforcer la coopération et la coordination sur la sécurité des frontières" au Maghreb et au Sahel, zone qui fait face a des "défis complexes", a-t-il clamé.

Image caption Le Sahel est devenu ces dernières années un repère de rebelles islamistes.

La conférence de Rabat constituait le prolongement de la réunion sur la sécurité des frontières qui s'était déroulée en mars 2012 à Tripoli, quelques mois après la chute de Mouammar Kadhafi.

Depuis, la situation s’est empirée, comme l'ont prouvé les événements au Mali ou la prise d'otage du site gazier d'In Amenas en Algérie.

"La prise de conscience progresse"

Laurent Fabius, ministre français des Affaires étrangères, a estimé à Rabat que "la prise de conscience internationale progressait" autour des problèmes régionaux de sécurité.

La France s'inquiète particulièrement de la situation dans le sud et l'est de la Libye, où des milices profitent du vide sécuritaire pour faire la loi.

Au sujet du Mali, , plusieurs mois après l'intervention française visant à déloger du nord du pays des groupes islamistes liés à Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), Paris reconnaît que la menace "est encore diffuse".

Laurent Fabius a évoqué la tenue les 6 et 7 décembre d'un sommet à l'Elysée, et la perspective de la création d'une "force africaine d'intervention rapide, solidement financée".

Le froid entre Rabat et Alger

La lutte contre les réseaux clandestins se heurte à l'absence de coopération entre le Maroc et l'Algérie.

La frontière commune est officiellement fermée depuis 1994, et les deux pays viennent de vivre une nouvelle crise diplomatique autour du Sahara occidental, ex-colonie espagnole contrôlée par le Maroc mais revendiquée par des indépendantistes soutenus par Alger.

Signe de la défiance, l'Algérie n'était représentée jeudi que par son ambassadeur au Maroc.