Centrafrique: le couvre-feu rétabli

Image caption La situation est instable en Centrafrique. Les populations organisent fréquemment des manifestations et des barricades pour protester contre la violence

Le couvre-feu est réinstauré alors que les Centrafricains s’apprêtent à célébrer dimanche, le premier décembre, la fête nationale.

La mesure était attendue dans le pays.

En effet, le chef de l’Etat de transition l'avait annoncée mi-novembre, en conséquence des violences meurtrières qui ont secoué Bangui ces dernières semaines.

Il a déjà interdit la circulation des motos entre 18 h et 5 H00 du matin.

Compte tenu de la situation sécuritaire dégradée, les Banguissois, qui ont peur de se faire agresser, ont pris l’habitude de se coucher tôt.

La décision présidentielle apparait donc surtout comme une mesure supplémentaire de sécurité.

C'est par un communiqué du ministre de la défense que Bangui a justifié le rétablissement du couvre-feu.

D'après le document, les autorités ont découvert « un projet d’actes criminels" préparé par certains ex-éléments de la sécurité présidentielle du régime défunt, en collaboration avec d'autres Centrafricains. Ils auraient l’intention de se déguiser en membres de l'ex rébellion de la Séléka pour perpétrer des actes criminels, a indiqué le ministère.

Le communiqué ajoute que « les leurs auteurs déjà localisés s’exposent à des poursuites judiciaires et que "des mesures ont déjà été prises à cet effet ».

Ce sont donc avant tout les partisans du président déchu François Bozizé et les groupes d’auto-défense appelés "Anti- Balaka" qui sont visés par le couvre-feu.

Les "Anti-Balaka", ont fait parler d’eux vendredi en s’attaquant à un village à 55 km à la sortie nord de Bangui.

Bilan : 4 morts, tous des citoyens musulmans et une dizaine de blessés transportés à Bangui.

Mais pour les habitants de Bangui, la mesure est diversement appréciée.

Certains la jugent nécessaire.

D'autres désapprouvent et considèrent qu’il suffirait de laisser les soldats de la FOMAC et la police et la gendarmerie mener des patrouilles pour que l'ordre revienne.