RCA: tirs de soldats tchadiens

  • 23 décembre 2013
Image caption Une manifestation anti-française dans un quartier majoritairement musulman de Bangui

Des troupes tchadiennes ont brièvement ouvert le feu sur quelques milliers de manifestants lundi matin, tuant une personne, selon des témoins.

Environ 40 personnes ont été blessées.

Par ailleurs, la présidence centrafricaine a accusé lundi les soldats français d'avoir "froidement abattu" trois combattants de l'ex-rébellion Séléka.

L’Union africaine et les troupes françaises ont pour mandat de mettre fin au conflit entre musulmans et chrétiens.

Des milices chrétiennes et musulmanes ont lancé des attaques et des contre-attaques depuis l’arrivée au pouvoir en mars dernier par un coup d’Etat du premier président musulman du pays, Michel Djotodia.

Il avait renversé l’ex-président François Bozizé, issu de la majorité chrétienne.

« Pas de Tchadiens à Bangui ! »

Près de 4000 soldats de l’Union africaine sont présents en Centrafrique, dont un contingent originaire de pays frontaliers comme le Tchad.

La France a quant à elle déployé 1600 soldats.

Un certain nombre de chrétiens accusent le gouvernement tchadien d’être l'allié de la rébellion de la Séléka, qui a propulsé Djotodia au pouvoir.

Les musulmans accusent, eux, les forces françaises d’être du côté des milices anti-balaka, majoritairement chrétiennes.

Selon les témoins, une foule de Centrafricains de confession chrétienne s’était réunie pour manifester lundi, demandant la démission de Djotodia et le retrait des troupes tchadiennes de la force panafricaine.

« Pas de Tchadiens à Bangui ! » chantaient une partie des manifestants.

Les forces tchadiennes ont tiré en l’air et en direction de la foule, en réponse aux manifestants qui avaient lancé des pierres sur leurs véhicules, selon l’agence de presse AFP.

Un porte-parole de l’organisation Médecins Sans Frontières (MSF) a déclaré qu’environ 40 personnes avaient été soignées au centre médical de l’aéroport.

Trois personnes blessées par balles seraient dans un état critique, toujours selon l’organisation.

« Non à la France »

L’armée française a quant à elle ouvert le feu sur d’ex-membres suspectés de la Séléka qui étaient sur le point « d’utiliser leurs armes », selon les autorités françaises.

Mais pour le porte parole de la présidence centrafricaine, la France aurait tiré sur des membres de la garde présidentielle.

A la suite de ces accrochages, plusieurs milliers de musulmans, sympathisants de l'ex-rébellion Séléka, ont manifesté dimanche à Bangui contre l'opération française, scandant “Non à la France”

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