L'Igad somme Kiir et Machar à dialoguer

  • 27 décembre 2013

Les dirigeants de l'Autorité intergouvernementale sur le développement (Igad), ont sommé les deux rivaux Kiir et Machar à se parler et à cesser les hostilités d'ici au 31 décembre. Faute de quoi, ils prendront d'autres mesures.

Image caption Les affrontements ont provoqué le déplacement de près de 122000 personnes selon l'ONU.

A l'exception du président sud-soudanais, tous les chefs d'Etat des pays membres de l'Autorité intergouvernementale sur le développement ont effectué le déplacement de Nairobi.

Ils ont condamné la tentative de prise du pouvoir par la force au Soudan du Sud.

Le gouvernement sud-soudanais a par ailleurs accepté de cesser les hostilités selon les dirigeants de l'Afrique de l'Est. Ils ont aussi appelé le chef de la rébellion à prendre le même engagement.

Cette réunion intervient au lendemain de la rencontre à Juba entre le président sud-soudanais Salva Kiir, le président kenyan et le Premier ministre éthiopien.

Organisation sous-régionale, l'Igad avait déjà oeuvré à la conclusion de l'accord de paix entre la rébellion sudiste et Khartoum qui avait mis fin en 2005 à la guerre civile Nord-Sud et ouvert la voie à l'indépendance de Juba.

Sur le terrain, les combats, qui frappent au moins la moitié des dix Etats sud-soudanais, se poursuivaient cependant, les deux parties affirmant notamment chacune avoir pris le contrôle d'une nouvelle ville stratégique en proie aux combats depuis le 23 décembre : Malakal, la capitale de l'Etat du Haut-Nil, riche en pétrole.

La communauté internationale redouble d'efforts pour tenter d'éviter que le pays ne sombre dans la guerre civile.

Les Etats-Unis, parrains de l'indépendance en 2011 et principal soutien politique et économique du pays depuis, ont réaffirmé jeudi à l'adresse des deux rivaux que leur aide cesserait en cas de coup de force militaire.

Chine

La Chine qui possède des intérêts dans le secteur pétrolier sud-soudanais a dépêché son envoyé spécial pour les affaires africaines à Juba.

Pendant ce temps les Nations unies ont annoncé l'arrivée dans les 48 heures des premiers renforts en hommes et en matériel.

Le Soudan du Sud connait depuis le 15 décembre d'intenses combats qui menacent de dégénérer en guerre civile.

Au coeur de ce conflit, une rivalité entre le président Kiir et son ex-vice président, limogé en juillet.

Le premier accuse le second de tentative de coup d'Etat. Riek Machar nie et reproche à Salva Kiir de simplement chercher à éliminer ses rivaux.

Salva Kiir et Riek Machar ont formellement accepté d'entamer des pourparlers, mais sans fixer de date.

Le récent conflit dans la jeune nation est aussi alimenté par une vieille rivalité politique, mais revêt aussi une dimension ethnique : les Dinka, tribu de Salva Kiir, contre les Nuer de Riek Machar.