L’"Armée blanche" se détourne de Bor

  • 29 décembre 2013
L'"Armée blanche", une milice pro-Machar, a abandonné la marche sur Bor
Image caption L'"Armée blanche", une milice pro-Machar, a abandonné la marche sur Bor

Les milliers de jeunes sud-soudanais fidèles au chef rebelle Riek Machar ont abandonné la marche sur la ville de Bor, a appris la BBC de source officielle.

Des chefs locaux ont persuadé la plupart des combattants de l’"Armée blanche" de rentrer au bercail, selon le ministre sud-soudanais de l’Information, Michael Makuei Lueth.

Un avion de reconnaissance de l’ONU avait localisé dimanche matin des éléments de cette milice à 50 kilomètres au nord-est de Bor. Mais les Nations unies n’ont pas donné de précision sur l'effectif du groupe

L’ONU avait fait part dimanche matin de son inquiétude, quand des milliers de jeunes fidèles à M. Machar se dirigeaient vers la ville sud-soudanaise de Bor, point stratégique de la guerre entre les rebelles et l’armée du Soudan du Sud.

La milice est baptisée "Armée blanche" – en raison de la cendre blanche que ses combattants se mettent sur le visage pour se protéger des insectes.

Ce sont des sympathisants de Machar, mais ils ne semblent pas obéir à ses ordres, a dit à la BBC un porte-parole des Nations unies, Joe Contreras.

Selon lui, ces enfants armés de machettes et de gourdins n’ont reçu aucune formation militaire.

Ils appartiennent à la tribu des Nuer, dont fait partie Riek Machar, le vice-président sud-soudanais limogé en juillet.

Selon les Nations unies, au moins 1.000 personnes sont mortes dans les combats entre l’armée et les rebelles.

Plus de 120.000 personnes ont fui leur lieu d’habitation, à cause des affrontements, qui ont éclaté le 15 décembre.

Une vieille rivalité

Salva Kiir, le président du Soudan du Sud, et son ex-vice président ont accepté de participer à des pourparlers en vue de la cessation des combats. C’était vendredi, à la suite d’une médiation de l’Autorité intergouvernementale sur le développement (IGAD), une organisation de sept pays est-africains.

Aucune date n’est encore annoncée pour la tenue des pourparlers.

M. Machar a dit qu’il ne participerait pas à des pourparlers si certains de ses partisans ne sont pas libérés par les autorités sud-soudanaises.

Le récent conflit dans ce pays indépendant en 2011 est alimenté par une vieille rivalité politique. Il revêt aussi une dimension ethnique : d’un côté les Dinka, la tribu de Salva Kiir, de l’autre les Nuer, celle de Riek Machar.