Tirs à Kinshasa

Image caption Le siège de la RTNC à Kinshasa, théatre d'une prise d'otage.

Des tirs ont retentis lundi matin dans plusieurs endroits de Kinshasa, la capitale de la République démocratique du Congo.

Les tirs ont été entendus au siège de la radio-télévision nationale, l'aéroport et un camp militaire.

A la RTNC, la Radio-Télévision Nationale Congolaise, des assaillants armés de machettes et d’armes à feu ont pris des journalistes en otage, a déclaré à l’AFP un porte-parole de la police.

Une opération policière est en cours, et un cordon policier a été mis en place autour de la RTNC.

La prise d’otage se poursuivait en fin de matinée.

Des hommes armés ont aussi attaqué l'aéroport international de Ndjiili.

“Les tirs ont commencé ici. Ils tirent partout. On se cache tous”, a déclaré un douanier de l'aéroport à l’agence Reuters.

Des témoins décrivent également des tirs au camp militaire de Tshatshi, près du ministère de la Défense.

La police, l'armée et la garde républicaine sont déployées dans les rues de Kinshasa pour rétablir la situation.

Les rues de la capitale se sont vidées.

Des tirs ont été également signalés à Lubumbashi, capitale du Katanga, où se trouve depuis la veille le président Kabila, en déplacement.

Des partisans de Gideon?

A la RTNC, le signal de la télévision a été brièvement coupé.

Deux hommes armés sont apparus à l’antenne pour diffuser ce qui ressemblait à un message contre le président Jospeh Kabila, au pouvoir depuis 2001 après l’assassinat de son père Laurent.

“Gideon Mukungubila est venu vous libérer de l’esclavage du Rwanda”, déclarait le message, selon un journaliste de Reuters qui a visionné un enregistrement de la retransmission.

Selon le porte-parole du gouvernement, Lambert Mende, “les assaillants se sont présentés comme des partisans de Mukungubila. Nous vérifions, car cela pourrait être une tentative pour nous induire en erreur”.

Lambert Mende a assuré que les forces de sécurité ont la situation sous contrôle.

Gideon Mukungubila, un leader religieux qui se présente comme un prophète, était un candidat malheureux à l'élection présidentielle de 2006 contre Joseph Kabila.

Il est aussi un critique virulent de l’accord de paix signé ce mois-ci avec la rébellion du M23 dans l’Est de la RDC, accusant le gouvernement d’avoir cédé aux pressions des Tutsis et du Rwanda