Centrafrique: des enfants décapités

Image caption Des enfants traités à l'hôpital pédiatrique de Bangui, le 29 décembre 2013.

Le degré de violence contre des enfants en Centrafrique atteint de nouveaux niveaux de cruauté, selon l’UNICEF, avec au moins deux enfants retrouvés décapités en décembre, et un autre mutilé.

L’agence de l’ONU pour l’enfance appelle à une action immédiate pour protéger les enfants en Centrafrique, où la violence entre Chrétiens et Musulmans a fait des milliers de morts en un mois.

Selon l’UNICEF, des enfants sont délibérément visés dans des attaques de rétorsions.

Des enfants sont également recrutés pour les combats.

“De plus en plus d’enfants sont recrutés par des groupes armés, et sont aussi visés directement dans d’atroces attaques de rétorsion”, a déclaré Souleymane Diabate, représentant de UNICEF en RCA.

"Avant, les enfants étaient des victimes collatérales, maintenant, certains sont directement visés", constate Ombretta Pasotti, coordinatrice de l'ONG Emergency à l'hôpital pédiatrique de Bangui, qui reçoit les premières victimes de la crise centrafricaine, les enfants.

"Ces enfants sont victimes de balles perdues, d'éclats... certains ont été blessés ‘par hasard’, mais nous avons ici des enfants qui se sont fait tirer dessus parce qu'ils étaient musulmans", explique Ombretta.

Depuis la prise de pouvoir en mars par l'ex-rébellion Séléka, de majorité musulmane, et la création de milices chrétiennes d'auto-défense qui s'en prennent majoritairement aux populations civiles musulmanes, les victimes sont nombreuses chaque jour à Bangui comme en province.

Un hôpital envahi

"Nous faisons de notre mieux, mais à cause de l'insécurité, il est difficile pour nous de travailler, sans compter le manque de matériel qui a du mal a nous parvenir, et surtout le manque de sang...", souligne la coordinatrice.

Selon l’ONG Médecins Sans Frontières, le nombre de blessés admis à son hôpital communautaire a augmenté au rythme de 15 à 20 par jour, souvent avec des blessures de machettes.

Le jour de Noël, trois hommes armés sont entrés dans l'hôpital, menaçant les patients, a ajouté MSF.

“C’est totalement inacceptable que des lieux médicaux ne sont pas respectés et sont envahis par des hommes armés”, a dénoncé Thomas Curbillon, chef de la mission de MSF à Bangui.

L'ancien Premier ministre Martin Ziguélé, figure de l'opposition, a demandé la création d'une commission nationale pour enquêter sur les crimes commis dans le pays.

"Il ne peut y avoir de véritable réconciliation sans justice et pardon", a-t-il souligné.