Soudan du S.: combats près de Bentiu

  • 9 janvier 2014
Des déplacés remplissant des gerrycans d'eau. Ils avaient fui les combats lors de la prise de Bentiu mi-décembre par les rebelles.
Des déplacés remplissant des gerrycans d'eau. Ils avaient fui les combats lors de la prise de Bentiu mi-décembre par les rebelles.

L'armée progressait à la mi-journée vers le Nord en direction de Bentiu, contrôlée par les rebelles, fidèles à l'ancien vice-président Riek Machar, tandis qu'à Addis Abeba, les pourparlers buttent sur la demande libération de détenus proches de la rébellion.

Des milliers d'habitants, pris de panique, ont fui la ville, chef-lieu de l'Etat d'Unité.

Beaucoup sont venus s'entasser dans un complexe des Nations unies.

Selon un habitant, contacté par l'AFP, les rebelles ont quitté la ville pour aller combattre à l'extérieur les forces gouvernementales.

Mais d'après le reporter de la BBC, les partisans de Riek Machar, se retiraient de la ligne de front et selon lui ils détruisent les ammunitions qu'ils ne peuvent emporter avec eux.

La rébellion s'était emparée de Bentiu dès la première semaine des affrontements.

Le Soudan du Sud, indépendant du Soudan depuis juillet 2011, s'enfonce dans la guerre civile depuis le 15 décembre.

Les affrontements ont d'abord opposé des unités de l'armée loyales au président Salva Kiir et d'autres fidèles à l'ex-vice président Riek Machar, limogé en juillet.

La rébellion fédére désormais une alliance hétéroclite de commandants de l'armée mutins et de milices ethniques.

Le président a accusé son rival et ses alliés de tentative de coup d'Etat.

Riek Machar dément, accusant Salva Kiir de chercher purement et simplement à éliminer ses rivaux.

Mais les combats font aussi rage dans d'autres parties du pays, notamment près de Bor, chef-lieu de l'Etat du Jonglei (est), et Malakal, chef lieu du Haut-Nil (nord-est), lui aussi pétrolier.

La question de la libération des détenus

Les discussions entre le gouvernement et les rebelles, entamées lundi à Addis Abeba pour tenter d'instaurer un cessez-le-feu, sont dans l'impasse et buttent sur la demande de libération de détenus proches de la rébellion arrêtés aux premiers jours des combats.

La délégation rebelle fait de leur libération une précondition au cessez-le-feu, ce que refuse Juba, affirmant qu'ils doivent comme tout accusé passer par le processus judiciaire normal.

Les Etats-Unis, parrains de l'indépendance du Soudan du Sud en 2011 et le principal soutien du jeune Etat, ont appelé mercredi à la libération immédiate des détenus pour qu'ils puissent participer aux pourparlers d'Addis Abéba.

Des sources humanitaires estiment à plusieurs milliers le nombre de victimes compte tenu de la violence des combats à Juba les premiers jours, mais aussi des sanglants affrontements qui se poursuivent dans les Etats du Jonglei, du Haut-Nil et d'Unité.

Selon l'ONU, environ 200.000 personnes ont été déplacées.

Plus de 30.000 personnes ont aussi fui le pays, trouvant notamment refuge en Ouganda.

Des massacres, viols, meurtres à caractère ethnique ont été reportés dans deux camps, sur lesquels les Nations unies promettent d'enquêter, car le conflit a pris une dimension tribale, opposant les Dinka de Salva Kiir aux Nuer de Riek Machar.

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