Blaise Compaoré se représentera-t-il?

  • 13 janvier 2014
Les membres de la FEDAP-BC pro Blaise Compaoré réunis à Bobo Dioulasso.
Les membres de la FEDAP-BC pro Blaise Compaoré réunis à Bobo Dioulasso.

L'opposition burkinabè menace d'appeler à la désobéissace civile après une réunion ce week-end à Bobo Dioulaso des partisans du partisan du président, qui demandent une modification de la constitution pour lui permettre de se représenter.

"Nous demandons solennellement la candidature de son excellence Blaise Compaoré pour 2015", a déclaré Adama Zongo, président de la FEDAP-BC (Fédération associative pour la paix et le progrès avec Blaise Compaoré).

Le président Blaise Compaoré est au pouvoir depuis 1987 et normalement la constitution lui interdit de se représenter en 2015.

Maître Bénéwendé Sankara, président d'UNIR/PS, a déclaré que l'opposition était "déterminée à résister à tout prix".

Dans la salle de spectacle de la Maison de la culture de Bobo-Dioulasso, on a noté la préscence de François Compaoré (le frère cadet du président), de membres du gouvernement, d'opérateurs économiques.

Les "Amis de Blaise Compaoré" ont plaidé pour le déverrouillage de l'article 37 et la mise en place du sénat ce samedi 11 janvier 2014, au cours de ce meeting.

"Blaise Compaoré doit se présenter en 2015, surtout pour la stabilité au Burkina et la stabilité dans la sous-région », a insisté le premier responsable des « amis » du Président burkinabè, sous l'acclamation de l'assistance.

François Compaoré, dans son intervention, a estimé pour sa part que "la démocratie n'est pas en panne au Burkina même si nous avons certains responsables qui posent des actes qui sont contraire à la démocratie".

Le conseiller du président et responsable des structures associatives du CDP, juge normal que son frère se présente en 2015.

"...si le peuple pense qu'avec lui on peut aller de l'avant, pourquoi ne pas modifier cet article et puis continuer… Mon souhait est qu'il y ait d'abord un referendum...Au lieu qu'on parle au nom du peuple, alors que le peuple est là, moi je me dis pourquoi ne pas lui retourner la question et passer par les urnes ».

Interrogé sur la démission des anciens ténors du CDP, François Compaoré a répondu:

"On adhère librement à un parti, on quitte librement un parti ; donc je n'ai pas de commentaire à faire".

Le quotidien le Pays rappelle Blaise Compaoré avait fait observer au président nigérien Mamadou Tandja, qu'il allait droit dans le mur, quand celui-ci voulait charcuter la Constitution de son pays pour "achever ses chantiers".

Opposition: résister à tout prix

Pour Maître Bénéwendé Sankara, interrogé à Bobo Dioulasso par notre correspondant Yacouba Ouédraogo, la Fédération associative pour la paix et le progrès avec Blaise Compaoré, n'est pas apolitique comme elle le prétend.

Elle regroupe, dit-il, des hommes d'affaires qui veulent protéger leurs intérêts et "utilise Compaoré comme un otage".

Le dirigeant d'UNIR-MS affirme que l'opposition "résistera à toute vélléité de modifier la constitution".

A propos du referendum évoqué par François Compaoré, il estime que la Commission nationale indépendante (CENI) ne peut organiser des élections crédibles.