Les chefs militaires limogés au Nigeria

Le président Goodluck Jonathan a limogé les principaux chefs militares. Copyright de l’image nigeria villa
Image caption Le président Goodluck Jonathan a limogé les principaux chefs militares.

Le président Goodluck Jonathan a licencié jeudi les principaux hauts responsables de la sécurité du pays, selon un communiqué du porte-parole de la présidence, Reuben Abati.

M. Abati a annoncé le départ du chef d'état-major, et des commandants de l'armée de terre, de la marine et de l'armée de l'air.

Le chef de l'Etat a immédiatement nommé leurs successeurs.

Aucune explication n'a été donnée pour justifier cette décision.

Mais cette mesure survient alors que l'inquiétude monte face à l'incapacité des forces armées nigérianes à mettre un terme à l'insurrection des islamistes armés dans le nord du Nigéria.

Depuis mai 2013, le gouvernement fédéral a lancé une grande offensive contre les islamistes de Boko Haram, un mouvement anti-occidental qui lutte pour l'instauration d'un Etat islamique dans le nord du pays.

Les membres de Boko Haram sont soupçonnés d'être derrière une attaque à la voiture piégée cette semaine à Maiduguri qui a tué au moins 29 personnes et fait une douzaine de blessés.

Selon l'ONU, depuis 2009, les attaques et attentats de la secte islamiste ont fait plus de 4000 morts.

Ces séries d'attaques contre les casernes et les commissariats ainsi que contre des écoles et des lieux de cultes par Boko Haram constituent la principale menace pour la sécurité de la deuxième économie du continent africain.

Le président Goodluck Jonathan a décrété l'état d'urgence dans trois États du nord du pays, les plus visés par les attaques du groupe islamiste.

Il a aussi déployé des moyens militaires supplémentaires pour répondre à l'escalade des violences.

Selon une source proche de la présidence, Goodluck Jonathan est désireux de marquer des points avant les élections prévues l'an prochain.

Le chef de l'Etat doit aussi faire face à une crise politique au sein de son parti, le Parti Démocratique Populaire, le PDP, affecté par une vague de défections.

L'ancien président Olusegun Obasanjo s'est aussi retiré temporairement du parti.

A un peu plus d'un an de la présidentielle de 2015 et face à une opposition de plus en plus puissante, une série de remaniements au sein des institutions d'Etat est attendue dans un pays où le parrainage politique joue un rôle primordial.

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