Museveni ne signe pas la loi sur l'homosexualité

L'homophobie est fortement répandue en Ouganda.

Le président ougandais Yoweri Museveni vient de refuser de signer une loi sur l'homosexualité qui durcissait les peines à l'encontre des gays.

Il reproche notamment à la présidente de la Chambre d'avoir fait voter la loi qui modifie la constitution sans le quorum, le corps délibératif nécessaire à la validité d'une décision.

Cette loi, adoptée au Parlement le 20 décembre 2013 prévoyait la prison à perpétuité pour les récidivistes et criminalisait la promotion publique de l'homosexualité, y compris les discussions au sen de groupes militants.

Malgré son refus d'avaliser la nouvelle législation, M. Museveni a laissé peu de doutes sur ses opinions personnelles.

Les homosexuels sont "malades, vous ne pouvez tuer une personne malade. Les personnes reconnues coupables de pratiques homosexuelles ne peuvent être emprisonnées à vie", a-t-il affirmé.

Dans une lettre adressée au Parlement, le président a déclaré que l'homosexualité était provoquée soit par la multiplication "des coucheries" soit par le besoin de gagner de l'argent.

Selon M. Museveni, l'amélioration de l'économie du pays notamment une rapide industrialisation et la modernisation de l'agriculture- est la meilleure façon de "sauver" les jeunes gens du risque d'avoir un "comportement dégoûtant".

En Ouganda, les hommes et femmes homosexuels sont souvent harcelés et menacés de violences.

En 2011, un militant des droits des homosexuels en Ouganda, David Kato, a été poignardé à mort à son domicile.

Bien que le président Museveni refuse de signer le projet de loi sur l'homosexualité, le Parlement peut toujours le faire passer en force en s'assurant une majorité des deux tiers.

Les députés doivent se réunir ce mois-ci pour discuter du projet de loi.

Soutenus par une majorité de l'opinion publique, certains parlementaires ont d'ores et déjà annoncé qu'ils voteraient pour la validation de cette loi, allant ainsi à l'encontre de la volonté de la classe dirigeante.