Tunisie: le Parlement approuve la Constitution

  • 24 janvier 2014
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Les députés espèrent ainsi mettre fin à l’impasse politique dans lequel se trouve le pays et ouvrir la voie vers des élections.

Le parti au pouvoir Ennahda a fait un certain nombre de concessions, acceptant notamment d'écarter les références à la loi islamique.

Le texte garantit la liberté de conscience tout en gardant la mention de l’islam comme religion d’Etat.

Ennahda, un parti islamiste modéré, a gagné les premières élections démocratiques après la chute de l’ancien président Zine al-Abidine Ben Ali en 2011.

Le parti a été très critiqué par les groupes laïcs, qui l’ont accusé d’être trop proche de groupes islamistes militants, ce que nie Ennahda.

Le parti a aussi été incapable de mettre fin à la crise économique.

"Si la Constitution est adoptée en première lecture (à une majorité des deux-tiers), la cérémonie de signature aura lieu lundi", a précisé à l’AFP la députée Karima Souid, assesseur chargée de l'Information.

Les organisations tunisiennes de défense des droits de la femme craignaient de perdre certaines libertés si les partis islamistes rédigeaient la constitution.

Finalement, l’article 45 de ce texte oblige l’Etat à protéger les femmes contre la violence et assure une représentation égalitaire des hommes et des femmes dans les institutions qui font l’objet d’élections, ce qui selon la journaliste tunisienne Naveena Kottoor est à marquer d’une pierre blanche dans le monde arabe.

L’assassinat de deux politiciens issus des rangs des laïcs l’année passée avait déclenché une véritable crise politique.

Plus tôt dans le mois, le Premier ministre Ali Larayedh, du parti Ennahda, avait démissionné, et avait été remplacé par Mehdi Jomaa, ministre sortant de l'Industrie, chargé de former un gouvernement d'indépendants, qui doit être nommé dans les prochains jours.