Les violences continuent en RCA

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Image caption Environ un million de personnes- soit 20% de la population- ont fui leur maison pendant les mois de violences sectaires.

La situation sécuritaire en Centrafrique se détériore malgré l'élection de la nouvelle président, selon la Haut-commissaire des Nations unies aux droits de l’homme.

“Les civils musulmans sont extrêmement vulnérables”, affirme Navi Pillay dans un communiqué publié après une rencontre entre des leaders musulmans et chrétiens centrafricains et le Premier ministre britannique David Cameroun visant à mobiliser l’assistance internationale.

Environ un million de personnes- soit 20% de la population- ont fui leur maison pendant les mois de violences sectaires.

“J’appelle la communauté internationale à renforcer les troupes de maintien de la paix sur place, c'est une urgence de la plus haute importance (…) de nombreuses vies sont en jeu » a demandé Pillay.

La France a envoyé 1600 troupes en Centrafrique, qui collaborent avec les quelque 4000 soldats africains présents dans le cadre de la force panafricaine.

Depuis la démission plus tôt dans le mois de Michel Djotodia, premier leader musulman de l’histoire de la Centrafrique, les attaques en représailles sur les civils musulmans n’ont pas diminué.

Des Centrafricains chrétiens ont également dit avoir été attaqués par des membres de la Séléka, le groupe rebelle qui avait porté au pouvoir Michel Djotodia l’année passée.

Mais pour l’archevèque de Bangui Dieudonné Nzapalainga et l’imam Oumar Kobine Layama, président de la Conférence islamique de RCA, ce sont les politiciens qui dirigent les violences.

“Nous ne faisons pas face à une crise religieuse, c’est une crise militaro-politique”, a affirmé l’imam à la BBC.

“Nous devons aider la population, parce que toutes nos infrastructures sont détruites. Il n’y a pas d’éducation, pas de système de santé, pas de médicaments », a-t-il ajouté avant de rencontrer le Premier ministre britannique.

“Les maisons ont été rasées et la famine guette à l’horizon si nous ne faisons rien ».

La nouvelle présidente de la transition en Centrafrique, Catherine Samba-Panza, qui a prêté serment la semaine dernière, est considérée comme politiquement neutre.

La Centrafrique, qui détient dans son sous-sol des réserves d’or et de diamants, a été appauvrie par des années de troubles et de mauvaise gouvernance, et la majorité de ses 4.6 millions d’habitants vivent en-dessous du seuil de pauvreté.