Ouverture du procès Simbikangwa à Paris

  • 3 février 2014
Le génocide rwandais, en 1994, a fait près d'un million de morts en 3 mois

Le jugement du capitaine Pascal Simbikangwa s'ouvre ce mardi devant la cour d'Assises de Paris.

Il est poursuivi pour complicité de génocide et complicité de crimes contre l'humanité.

L'homme était un proche du Président Habyarimana. A ce titre, il aurait fait partie de l'Akazu, une organisation composée des proches du président.

Son rôle était de militer pour la "domination Hutu", appelé "Hutu Power" et l'extermination des Tutsi, si nécessaire.

Il est aussi accusé d'avoir fomenté des meurtres, viols et tortures contre les Tutsi en 1994 et armé les escadrons de la mort.

Avant de quitter le pays en 1994, Pascal Simbikangwa était le chef des services secrets. Une institution qu'il avait rejointe juste après son accident de voiture en 1986 qui l'avait rendu paraplégique.

En 94, il demande l'asile à Mayotte, un territoire français situé dans l'Océan indien. Il y est arrêté en 2008, soupçonné de trafic de faux papiers d'identité.

Un signal d'alarme pour Interpol. L'organisation délivre alors un mandat d'arrêt international à son encontre pour les crimes qu'il aurait commis au Rwanda.

Pascal Simbikangwa va devoir jusqu'à la mi-mars répondre de ces accusations devant un tribunal.

Il récuse toutes ces accusations.

Bataille diplomatique

Kigali a constamment accusé Paris d'être réticent à l'idée de poursuivre les suspects du génocide, vivant sur son territoire.

En 2006, les relations diplomatiques entre Kigali et Paris s'étaient largement dégradées.

Un juge français avait émis des mandats d'accusation contre des hauts fonctionnaires rwandais dans lequels ils étaient accusés d'avoir provoqué le crash de l'avion du président Habyarimana, incident qui avait déclenché 100 jours de tueries des Tutsi et des Hutu modérés.

De son côté, le Rwanda a accusé ouvertement la France d'être impliquée dans le génocide.

Le procès du capitaine, qui arrive quelques mois avant le 20e anniversaire du génocide, calme les esprits.

Le gouvernement rwandais et les survivants se félicitent de cette avancée dans la traque des responsables.

S'il est reconnu coupable, Mr Simbikangwa pourrait purger sa peine en France.

Une vingtaine de personnes, accusées d'être complices du génocide, sont toujours poursuivies par la justice française. Aucune date de procès n'est connue à ce jour.