RCA: "déclarer la guerre" aux milices

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Image caption Cathérine Samba-Panza, présidente par intérim en Centrafrique

La présidente de transition en Centrafrique Catherine Samba-Panza a déclaré qu'elle va "aller en guerre" contre les milices chrétiennes qui massacrent les musulmans.

Elle a déclaré que les milices appelées anti- Balaka avaient "perdu le sens de la mission" et sont devenus "ceux qui tuent, qui pillent, qui sont violents."

Les milices prétendent se venger des atrocités commises par les musulmans l'an dernier.

Des dizaines de milliers de musulmans ont fui vers le Cameroun et le Tchad et beaucoup d'autres vivent dans des camps à l'intérieur de la RCA.

Amnesty International a qualifié la situation de "nettoyage ethnique".

Mais Mme Samba-Panza a rejeté cette étiquette et défini la violence comme un "problème de sécurité".

"Ils pensent que parce que je suis une femme, je suis faible. Mais maintenant, les anti- Balaka qui veulent tuer seront eux-mêmes pourchassés," a-t-elle réitéré dans un discours.

Beaucoup de musulmans qui ont fui, étaient commerçants ou impliqués dans le secteur alimentaire.

Leur absence a provoqué un effondrement dans la distribution alimentaire et aggravé une crise humanitaire.

Des témoins affirment que des dizaines de stands poussiéreux dans un marché de la capitale Bangui se vident.

La seule viande disponible est une petite quantité de viande de porc, notamment des porcs élevés localement.

Le Programme Alimentaire Mondial de l'ONU (PAM) a lancé un pont aérien massif d’approvisionnement en nourriture pendant un mois entre Doaula au Cameroun et Bangui, avec le premier vol à destination de la capitale centrafricaine mercredi .

Un total de 1800 tonnes de céréales sera livré dans les prochaines semaines, mais le PAM a indiqué que près de 10 fois ce montant sera nécessaire pour venir à bout de la crise.

Le PAM note qu’environ 1,3 millions de personnes, soit un quart de la population, ont besoin d'aide alimentaire.

Cette phase des troubles de la RCA a commencé lorsque des rebelles Seleka, à majorité musulmane ont arraché le pouvoir l'année dernière.

Leur leader Michel Djotodia a démissionné le mois dernier après avoir échoué à réprimer la violence communautaire, et Mme Samba-Panza a été choisie pour conduire le pays à une élection.

Quelque 7.000 soldats de la France et des pays africains ont été mandatés par l'ONU pour aider à rétablir l'ordre.

Mais jusqu'à présent, ils n'ont pas réussi à arrêter l'agitation, qui s'est intensifiée depuis que le chef Séléka a démissionné en tant que président.

Plusieurs musulmans ont été brutalement tués et leurs corps mutilés dans les rues de la capitale Bangui.

La RCA riche en or, diamants et autres ressources naturelles, connaît depuis des décennies, des troubles et une mauvaise gestion qui ont laissé la plupart de ses populations coincées dans la pauvreté.