Tunisie: tension dans le bassin minier

  • 28 février 2014
L'an dernier à Gafsa, des manifestants avaient brûlé des documents du parti Ennahda.

Les écoles resteront fermées aujourd'hui après les violences qui ont opposé hier des jeunes aux forces de l'ordre à Metlaoui, ville tunisienne du bassin minier.

La tension restait encore très vive hier matin dans la ville de Metlaoui au centre ouest du pays. Depuis la veille, des protestataires avaient bloqué la route principale de la ville. Le bureau du parti islamiste Ennahda a été incendié et le siège du tribunal cantonal a été pillé.

Les violences ont éclaté après la publication des résultats d'un concours de recrutement. La Compagnie de phosphates de Gafsa (CPG) recrutait 1100 chômeurs de la ville de Metlaoui sur un total de 2716 places. Une injustice pour les chômeurs recalés, des jeunes pour la plupart, qui attendent beaucoup de la CPG, une entreprise très importante pour la Tunisie puisque le phosphate et ses dérivés représentent 8% du PIB du pays.

Depuis le soulèvement populaire des régions intérieures en 2011, les protestataires n'ont pas cessé de se plaindre de la Compagnie de phosphate accusée de ne pas suffisammentemployer les habitants de la région.

Pour les responsables de l'entreprise, qui est le principal employeur de la région, le nombre de personnes recrutées dépasse largement ses capacités. Depuis 3 jours la route menant à la CPG a été bloquée. En 3 ans, les blocages des voies d'accès et les grèves à répétition ont fait perdre à la société 3 milliards de dinars par an soit 1,5 milliards d'euros. En raison de cette situation, l'Inde et la Turquie - ses principaux clients depuis 50 ans - risquent de se tourner vers le Maroc qui a doublé sa production.